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Yolaine de Chanaud
À savoir | 21 mai
7 mn

Airbnb : les capitales contre-attaquent
Laissez-faire, encadrement ou interdiction : les stratégies des grandes villes touristiques pour résister à la déferlante Airbnb.

Airbnb, c’est la promesse d’un matelas gonflable (airbed) et d’un petit déjeuner (breakfast) en échange de quelques pièces. Ce concept génial inventé à San Francisco en 2008 a essaimé dans le monde entier au point de chambouler le marché du tourisme. Aujourd’hui, les logements Airbnb sont moins chers, souvent plus vastes et conviviaux qu’une chambre d’hôtel. Ils permettent surtout à des millions d’« hôtes » d’arrondir leurs fins de mois en – quasi – toute liberté.
Depuis plusieurs années, la grogne monte contre le « Uber de l’hôtellerie ». Dans les grandes villes, les syndicats hôteliers dénoncent une concurrence déloyale. Les mairies s’affolent du recul du nombre de logements disponibles pour les habitants en centre ville. Les voisins d’hôtes Airbnb font la guerre aux locataires fêtards, bruyants et indélicats. Quant à certains usagers, ils pâtissent de graves manquements à la sécurité.
Excédés, les maires des grandes villes touristiques ont décidé de siffler la fin de la partie. L’heure est à l’encadrement des locations Airbnb. Tour du monde des règles en vigueur.

Paris la stricte – Paris est la première ville Airbnb du monde avec plus de 50 000 logements proposés. la Mairie a décidé d’en encadrer l’usage. Sans autorisation préalable, la location d’une résidence principale ne peut dépasser quatre mois par an sous peine d’une amende de 25 000 €. Tous les revenus issus de la location du logement à un particulier doivent être déclarés à l'administration. Les propriétaires d'une résidence secondaire ont l’obligation de demander à la Mairie une autorisation de location. En cas de dépassement de la durée légale de 4 mois, l'appartement devra être reconverti en « meublé touristique », sous peine de se voir appliquer une amende de 80 000 €, qui pourrait bientôt être portée à 100 000 €. Airbnb est prié d’envoyer des mails à ses clients afin de leur rappeler cette réglementation. Par ailleurs, une brigade est chargée de vérifier et contrôler la légalité des annonces postées sur le site. Des visites aléatoires sont prévues dans les quartiers les plus concernés (Marais, Saint-Germain-des-Prés ou encore Montmartre).

Berlin la sévère – La location de logements entiers est désormais interdite. Il est encore possible de louer une chambre mais les propriétaires qui souhaitent transformer leur logement en location touristique à part entière devront en passer par une demande d'autorisation officielle. En cas de location abusive, l’amende pourra atteindre 100 000 €. Une plateforme dédiée a été mise en service par la mairie. Elle permet aux Berlinois de dénoncer leurs voisins loueurs.

Barcelone l’enragée – La Catalogne a d’abord condamné Airbnb à lui verser la somme de 60 000 € pour ne pas avoir accepté de publier uniquement les appartements légalement inscrits au registre du tourisme. À Barcelone où le centre ville est envahi de touristes logés dans des appartements Airbnb, la location est limitée à 4 mois par an. Pour éviter les locations professionnelles déguisées, la présence des propriétaires est obligatoire dans l’appartement.

San Francisco la conciliante – Dans la ville de naissance d’Airbnb, le concept dérange également mais un compromis a été trouvé. Un logement ne peut pas être loué plus de 90 jours par an. Mais si le propriétaire reste présent à son domicile en y louant une ou deux chambres, aucune limite n’est fixée.

New-York la précoce – Airbnb y a fait couler beaucoup d’encre et a provoqué la colère des hôteliers incapables de proposer des offres aussi attractives et bon marché qu’Airbnb. Depuis 2010, la location d’un logement ne peut excéder 30 jours par an et le propriétaire doit obligatoirement être présent. En cas de fraude, l’amende est de 1000 à 5000 $.

Bruxelles la citoyenne – Un enregistrement préalable est obligatoire auprès des autorités avant toute location et un maximum de cinq chambres par logement est autorisé à la location. Pour répondre aux plaintes du voisinage, la région bruxelloise impose un accord de l’assemblée générale des copropriétaires, un logo visible sur la façade et l’installation d’une protection incendie aux normes

Amsterdam la minimaliste – La location est limitée à deux mois par an et quatre personnes par logement.



Une taxe partout dans le monde – Airbnb collecte les taxes de séjour et les reverse aux autorités. Dans sa loi de Finance 2015, la Mairie de Paris a contraint Airbnb à collecter la taxe municipale et départementale de séjour pour le compte de ses clients, au titre de « meublé touristique non classé ». Elle s’élève à 0,83 € par voyageur et par nuit et a rapporté 4,6 millions d’euros à la ville en 2015.
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Article paru dans le numéro #112 SPÉCIAL CORÉE
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