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Mars : et ça repart
Levez le nez de vos écrans : dans moins de 10 ans, un homme pourrait bien fouler le sol de Mars pour la première fois.

SpaceX Dragon atterrissant sur Mars © DR
Emmanuel Brousse
Long Read | 2 oct.
6 mn
Septembre est décidément le nouveau mois de Mars. Il y a d'abord eu Cyprien Verseux, ce Français qui a passé un an enfermé dans une fausse base spatiale pour simuler un voyage vers la planète rouge. Puis le grand raout de la Mars society, association-lobby militant pour l'exploration spatiale. Et le bouquet final : la présentation par Elon Musk de ses pharaoniques projets martiens lors du Congrès International de l'Aéronautique à Guadalajara, au Mexique.
Quand on écoute Musk, voir des humains poser le pied sur Mars ne semble plus être qu'une question d'années. Le fondateur de Paypal et Tesla a présenté des images de son futur vaisseau : un monstre capable d'embarquer cent personnes et propulsé par une énorme fusée comportant 42 moteurs Raptor similaires à celui testé il y a quelques semaines par les équipes de SpaceX. À terme, l'objectif de Musk n'est pas de simplement fouler le sol de Mars mais de coloniser la planète, voire de la « terraformer » (la transformer en Terre habitable). La colonisation de l'Amérique avec ses risques et ses colonies dans l'inconnu est une inspiration récurrente de SpaceX.

Les trois travaux de SpaceX

Mais pour établir une colonie d'un million de personnes sur Mars en moins d'un siècle, Elon Musk devra faire face à des obstacles immenses. Le premier est d'ordre technologique. Si SpaceX a déjà fait de belles avancées sur les propulseurs et les réservoirs de carburant, tout reste à faire pour les systèmes d'atterrissage, le vaisseau de transport et toute l'infrastructure à déployer sur Mars.<
Quant aux missions plus lointaines comprenant des bases permanentes, des systèmes de synthèse du carburant sur Mars ou d'établissement d'un champ protecteur, on est pratiquement dans le domaine de la science-fiction.
Le deuxième obstacle est le temps. Comme toujours avec Elon Musk, les promesses se réaliseront dans un futur proche. Mais dans les faits, les choses prennent bien plus de temps. Qu'il s'agisse de Tesla, de SpaceX ou d’Hyperloop, les projets du milliardaire accumulent souvent les retards. La fusée Falcon Heavy dont les premiers vols étaient prévus pour 2013 n'a toujours pas décollé et la Tesla Model X, deuxième véhicule électrique du constructeur approche des 3 ans de retard.
Bien sûr, cela n'empêche pas Musk d'avancer vite, mais rapportés à l'échelle d'une aventure spatiale comme celle de la conquête de Mars, les retards et délais pourraient facilement se muer en décennies.

Vers une colonisation participative de Mars ?

Ce qui amène au dernier point sur lequel SpaceX devra batailler : l'argent. Elon Musk a beau être richissime et disposer d'une fortune personnelle estimée à près de 12 milliards de dollars, cette somme devient presque dérisoire en comparaison des coûts de développement et de lancement d'une mission interplanétaire.
Définir un budget pour un tel saut dans l'inconnu est hasardeux : la plupart des estimations pour une première mission habitée tournent autour de centaines de milliards de dollars. Pour financer une somme pareille, Musk veut mettre son argent à contribution, les bénéfices de ses entreprises, lancer un financement participatif... et même tenter de rendre ces voyages rentables.
Pour y arriver, il mise sur des vaisseaux réutilisables et des places payantes dans ses voyages vers Mars. Pour rentabiliser ses moteurs, SpaceX espère les utiliser 1000 fois chacun. Des prévisions qui laissent sceptiques de nombreux observateurs... Des partenariats avec le secteur public sont aussi prévus et jusqu'à présent, la NASA a multiplié les signes d'encouragement à l'égard de Musk et des initiatives privées tournées vers l'espace.
Car si Elon Musk est sans doute le plus médiatique, d'autres acteurs s’intéressent aussi à la planète rouge. La NASA prévoit une mission habitée « dans les années 2030 » et commence à développer son véhicule. Quant à Jeff Bezos, PDG d'Amazon, il a récemment lancé «Blue Origin », une nouvelle entreprise encore bien mystérieuse mais qui entend elle aussi avancer « pas à pas férocement » vers une conquête de l'espace, avec la Lune et Mars en ligne de mire.

La conquête de Mars prendra-t-elle la forme d’un duel de milliardaires ?
Crédits photo : DR
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Article paru dans le numéro #125 BAVARDS
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