Fermer
Hugues Souparis
Focus | 28 mai
Dans les années 70, RMC proposait chaque année son « gadget de l'été ». Par un concours de circonstances, j'ai été chargé de concevoir et de produire celui de 1978, un briquet solaire. J'ai monté ma petite entreprise qui a commencé à se spécialiser dans les gadgets. Nous avons alors commencé à envisager d'intégrer des hologrammes à certains objets. À cette époque, la technologie était émergente et nécessitait un laser pour les lire. J'ai rencontré des gens qui travaillaient dans ce domaine et ils m'ont laissé les clés du labo pour faire des essais. Au bout de quelques mois, nous avons réussi à produire des hologrammes qui pouvaient se lire sans laser grâce à notre opiniâtreté et aux chercheurs qui travaillaient juste à côté.
C'est ainsi qu'a commencé l'histoire d'Hologram Industries, désormais renommée Surys. Nous avons vite délaissé les gadgets pour d'autres projets. Nous avons commencé à lorgner du côté des cartes bancaires, des hologrammes intégrés sur les vignettes automobiles, des documents d'identité... Plutôt que de nous reposer sur un produit qui fonctionne, nous avons essayé d'adapter nos produits et notre savoir-faire à tous les nouveaux supports apparus depuis les années 80.
Hugues Souparis, président d'Hologram Industries © Hologram Industries
Hugues Souparis, président d'Hologram Industries
Au moment du lancement de l'euro, nous étions une des deux entreprises chargées de produire les hologrammes de sécurisation sur les billets de banque. Ce contrat nous a permis de développer fortement nos activités et même si nous avons exploré d'autres pistes, nous entendons bien revenir fortement sur ce secteur dans un avenir proche. 150 pays dans le monde produisent des billets de banque et les renouvellent en général tous les 10 ans. Cela représente donc environ 10 projets par an sur lesquels se positionner.

Perdurer dans la high-tech

La petite histoire de Surys est un bon exemple d'entreprise qui a su perdurer dans la high-tech malgré une évolution très rapide de la demande. Notre force nous vient de ne pas nous être spécialisés dans un produit voué à disparaître un jour ou l'autre mais dans un domaine plus large, en l'occurrence l'authentification. Aujourd'hui, nous travaillons aussi bien dans l'hologramme que dans les nanostructures, la reconnaissance de visages par smartphone, les puces RFID... Cela implique bien sûr de dépenser beaucoup d'argent dans la R&D et dans la sécurisation de nos usines – une nécessité quand on travaille sur des sujets comme la lutte contre la contrefaçon. Mais c'est à cette condition que nous pourrons continuer à grandir dans notre secteur sans être tributaires de l'évolution technologique.
Hologramme de sécurisation des billets de banque © Hologram Industries
Cette stratégie de long terme se retrouve d'ailleurs dans nos résultats. Contrairement à de nombreuses entreprises de high-tech, nous n'avons jamais connu de croissance fulgurante en surfant sur un produit éphémère. Nous tablons plutôt sur 10 ou 15 % par an, ce qui nous permet de réaliser aujourd'hui 65 à 70 millions d'euros de chiffres d'affaire et d'envisager les 100 millions dans un futur proche, le tout avec la tranquillité d'esprit que nous autorise la diversité de nos activités.
Hugues Souparis
Fondateur et pdg Surys
Ingénieur de formation, diplômé de Centrale Marseille, Hugues SOUPARIS crée à 23 ans sa première entreprise spécialisée dans la conception et commercialisation d’objets publicitaires technologiques. En parallèle, en 1984, il crée Hologram Industries, société à laquelle il se consacre totalement à partir de 1986.
Crédits photo : Surys, Hologram Industries
Partager :
Article paru dans le numéro #113 LA VIE EN 3D
Recevoir le magazine Inscrivez-vous pour recevoir chaque semaine l'essentiel de la culture, du business et de l'art de vivre.
Fermer
Avant-gardiste high-tech depuis 1978 à un ami.
(*) Obligatoire
Fermer
Modifiez votre mot de passe
Fermer
Veuillez saisir votre identifiant
Fermer
Bienvenue sur Pluris
, complétez le formulaire pour terminer votre inscription.