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Emmanuel Brousse
À savoir | 1er juillet
8 mn
Yves Berchten, membre de Swiss Who's Who, est le directeur général de Protectas, n°1 de la sécurité en Suisse, et filiale du leader mondial Securitas AB. Il répond aux questions de Pluris sur les évolutions et les spécificités d'un marché transformé par le contexte actuel.
Yves Berchten, membre de Swiss Who's Who, est le directeur général de Protectas © DR

Yves Berchten, membre de Swiss Who's Who, est le directeur général de Protectas

Pluris – Quels secteurs représentent aujourd'hui la part d'activité la plus importante pour Protectas ?

Yves Berchten – La répartition de nos activités est un parfait exemple de la loi de Pareto : nous réalisons 80 % de notre chiffre d'affaires grâce à 20 % de nos clients. Parmi ces clients qui représentent l'essentiel de notre activité, on compte de grosses sociétés industrielles, des sites administratifs, des aéroports, les sièges d'entreprises ou d'organisations internationales, les ambassades à Berne, les grandes marques d'horlogerie et les grands événements comme le Baselworld, le salon de l'automobile etc. Nos clients plus modestes comprennent des particuliers, des boutiques, des PME que nous raccordons à notre réseau d'alarmes.
Concernant la répartition de notre personnel, 80 % des coûts environ concernent le personnel. Même si Protectas intègre pleinement la technologie, l'humain reste au cœur de nos activités.

Le marché de la sécurité évolue selon Yves Berchten, pdg de Protectas et membre de Swiss Who's Who. © DR

D’après vous, comment le marché de la sécurité évoluera-t-il dans les prochaines années ?

On peut dégager deux axes. Le premier concerne la technologie. Celle-ci va prendre de plus en plus de place et modifier le travail en profondeur. Le deuxième concerne l'évolution de nos missions. Petit à petit, les entreprises de sécurité seront amenées à récupérer certaines des fonctions de la police pour que celle-ci puisse se concentrer sur les missions les plus importantes. Il y a déjà une évolution dans ce sens dans plusieurs cantons où des tâches traditionnellement dévolues à la police sont désormais effectuées par des entreprises privées.
Je pense par exemple à certains contrôles d'accès, à des missions de surveillance ou encore de transport de prisonniers. Bien sûr, cela demande de la formation pour nos agents, mais c'est une bonne chose que la police bénéficie de plus de temps et de moyens pour les attributions pour lesquelles nous ne pouvons opérer à sa place

Quelles évolutions technologiques attendez-vous dans votre métier ?

Depuis 2013, nous avons effectué un virage pour que notre activité puisse se définir comme l'alliance de l'humain et de la technologie, « Men and the machine ». Cela permet d'accroître l'efficacité, d'optimiser l'utilisation de notre personnel et de réduire les coûts.
Un bon exemple de cette évolution est par exemple le déploiement de caméras thermiques. Là où il faudrait mobiliser quatre agents pour surveiller un site, la présence de caméras thermiques permet à une seule personne de contrôler bien plus efficacement la présence d'individus.
Non seulement cette personne pourra observer une plus grande zone, mais en plus, elle pourra différencier un intrus d'un animal. La marge ainsi dégagée permet soit d'augmenter le niveau de sécurité soit de réaliser des économies.

Quelles sont les spécificités du marché suisse par rapport aux autres pays d'Europe ?

Cela peut sembler une évidence, mais avec ses trois langues et ses 26 cantons, la Suisse est un marché très fragmenté où il faut lutter pour maintenir ses marges. Cette situation connue dans d'autres pays d'Europe est une réalité pour nous.
À l'échelle nationale, une seule autre entreprise couvre l'intégralité du marché, ce qui n'empêche pas une forte concurrence. La Suisse a la particularité d'héberger beaucoup de clients multinationaux portés sur l'étranger ainsi que des industries spécifiques comme celle l'horlogerie. Dans ces marchés, la qualité est extrêmement importante et il est nécessaire de proposer des solutions ciblées et spécifiques.
Après un attentat, il y a trois étapes : la réaction émotionnelle, la réaction rationnelle puis l'établissement d'une solution durable.

Quel est l'impact des attentats sur les entreprises de sécurité ?

En Suisse comme ailleurs, la demande de sécurité reste très forte à cause des attentas. Ceci dit, les grandes entreprises n'attendent pas les attentats pour renforcer leur sécurité. Je dirais plutôt que le curseur est augmenté progressivement.
Après un attentat, il y a trois étapes : la réaction émotionnelle, la réaction rationnelle puis l'établissement d'une solution durable. Concrètement, cela se traduit par une demande accrue en renforts humains pour le court terme puis par le déploiement de technologie et de solutions de sécurité globale à long terme une fois que l'urgence s'est éloignée et qu'on se projette sur le long terme.
Naturellement, ce phénomène est proportionnel à la proximité de l'attentat, à la fois géographique et « émotionnelle ».

S'il fallait décrire Protectas en quelques chiffres ?

Dans l'ordre décroissant, je dirais : 165 millions, comme notre chiffre d'affaires. 3000, comme notre nombre d'employés au sein de Protectas. 40, comme le nombre d'années depuis lesquelles nous sommes actifs en Suisse. Puis 2, comme notre place sur le marché de la sécurité dans le pays. Et enfin 1, notre place sur le marché mondial au sein du groupe Securitas AB. Le fait d'avoir un réseau de contacts et une présence dans plus de 50 pays nous permet d'avoir une expertise sur l'intégration de la technologie et un savoir-faire qui nous distingue de nos concurrents.
Le marché de la sécurité évolue selon Yves Berchten, pdg de Protectas et membre de Swiss Who's Who. © DR
Crédits photo : DR
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