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Élodie Fondacci
Recommandation | 8 juillet
6 mn

6 livres à glisser dans votre valise
Les best-sellers 2016 : vous les avez ratés cette année ? Rattrapez-vous cet été.

En attendant Bojangles, d’Olivier Bourdeaut © DR
Ce n’est pas de votre faute, vous n’aviez pas le temps. Pas le temps de lire, même les perles. Heureusement, l’été est là qui va vous permettre de vous rattraper. Voilà les livres que vous avez ratés cette année à glisser d’urgence dans votre valise !
Sans oublier la baleine, de John Ironmonger © DR

Sans oublier la baleine, de John Ironmonger

Sans oublier la baleine, de John Ironmonger

Ce jour là, (et croyez-moi, on s’en souviendrait bien des années après), on trouva sur la plage de Saint Piran un homme mort. Enfin, pas tout à fait mort, mais si bleu qu’on crut d’abord avoir affaire à un cadavre. Et ce même jour, notez bien la coïncidence, s’échoua sur cette même plage une baleine. Deux évènements assez rares pour rester dans les annales de ce petit port où il n’arrive jamais rien. En quelques heures les habitants organisent deux sauvetages : le cétacé est remis à l’eau, et l’inconnu, un certain Joe Haak, réchauffé et requinqué.
Qu’est venu faire Joe dans ce village reculé du fin fond de la Cornouaille ?

Analyste financier brillant, véritable génie des mathématiques, le jeune homme a mis au point un programme de prédictions qui compile en temps réel toutes les données financières et économiques mondiales. Malheureusement, son invention a entraîné la faillite de sa banque. Complètement dépassé par ce qu’il a provoqué, terrifié à l’idée que l’étape d’après soit purement et simplement l’effondrement de l’économie mondiale, Joe a fui la City, sauté dans sa Porche et roulé tout droit, jusqu’au milieu de nulle part. C’est à dire Saint Piran. La fin du monde est-elle proche ?
Autour d’un scénario catastrophe classique (après tout selon Trotski « toute société n’est qu’à trois pas de l’anarchie »), John Ironmonger réussit avec un délicieux humour british un roman d’apocalypse joyeux qui donne foi en l’humanité. So good.

  Sans oublier la baleine, de John Ironmonger, traduit de l’anglais par Christine Barbaste, Stock, 2016, 420 p., 22 €

En attendant Bojangles, d’Olivier Bourdeaut © DR

En attendant Bojangles, d’Olivier Bourdeaut

En attendant Bojangles, d’Olivier Bourdeaut

Mister Bojangles, c’est le titre d’une chanson de Nina Simone, que le petit garçon a entendue 1000 fois, crachotée par le phonographe du buffet, tandis que ses parents tournoyaient tendrement enlacés au milieu du salon. Leur histoire, c’est lui qui la raconte.
Une histoire d’amour fou, qui commence lors un pince-fesse, où George s’ennuie ferme avant d’apercevoir une femme belle comme une fée, qui danse les yeux fermés avec la grâce d’un oiseau étrange.

Il bafouille un banal « Comment vous appelez-vous ? ». Elle le jauge, il est très beau : « Appelez-moi comme vous voulez, mais emmenez-moi loin d’ici on s’y ennuie mortellement ». Il la prendra au mot ! Il l’épouse la nuit même, et ne l’appellera jamais par le même prénom tant que durera leur mariage. Et comme il l’a juré ce soir là leur vie sera une fête perpétuelle où l’ennui n’aura pas droit de cité. Il voit bien qu’elle a un grain de folie : il s’en accommode. C’est même ce qui donne du sel à leur vie.
De ce tourbillon naît bientôt un petit garçon élevé comme un personnage de roman par une mère fâchée avec la réalité, qui jette les factures, boit des cocktails au petit déjeuner et l’emmène en vacances la semaine. Malheureusement, on ne peut pas toujours danser au bord du précipice. Dans amour fou, il y a fou… et contre certaines tragédies, même l’imagination ne peut rien. Mélancolique et joyeux à la fois, En attendant Bojangles fait songer à Gastby le magnifique, une larme de Vian en plus. Épatant.

  En attendant Bojangles, d’Olivier Bourdeaut, Editions Finitude, 2016, 160 p., 15,50 €

Petits plats de résistance, de Pascale Pujol © DR

Petits plats de résistance, de Pascale Pujol

Petits plats de résistance, de Pascale Pujol

Sandrine Cordier est une sorte de limier : « le bras séculier du gouvernement contre la hausse du chômage ». Entendez par là qu’elle est conseillère au Pôle emploi. Pas tout à fait ce qu’elle aurait voulu (elle se rêvait cuisinière) mais pour oublier sa frustration, entre deux petits gâteaux, elle prend sa mission très à cœur et s’est fait une spécialité de traquer les profiteurs, les feignants, les sournois de tous poils, faux pigistes, ou vrais intermittents !

Un beau jour, un certain Antoine Lacuenta, Rmiste chevelu, altermondialiste et surdiplômé va tomber entre ses griffes.
Avec sa série de personnage tous plus farfelus les uns que les autres (la fille surdouée, la grand-mère geek ancienne danseuse du show lapin…) ce premier roman fait un bien fou. Terriblement drôles, inattendus et décalés, ces Petits plats de résistance, se savourent sans modération.

  Petits plats de résistance, de Pascale Pujol, Editions Le Dilettante, 2015, 256 p., 19 €

Cher Monsieur M, de Herman Koch
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Cher Monsieur M, de Herman Koch

Cher Monsieur M, de Herman Koch

Cher Monsieur M… Ce sont les premiers mots d’une des lettres anonymes que le narrateur du livre écrit à son voisin, un écrivain célèbre, âgé mais encore séduisant, marié à une femme de 40 ans sa cadette. Il écrit, mais n’envoie pas ses lettres.
Il l’épie. Il l’observe. Il attend son heure. Fasciné ? Dégoûté ? Jaloux ? Disons plutôt qu’il a des comptes à régler…
Car notre narrateur, Herman, est le personnage d’un livre de Monsieur M…

Quel hasard, n’est-ce pas, que l’écrivain qui s’est servi de sa vie pour écrire le roman qui l’a lancé soit devenu son voisin du dessus ! Au début de sa carrière, Monsieur M s’est inspiré d’un fait divers sordide. La disparition d’un professeur de lycée, Mister Grein, qui après avoir eu une liaison avec une de ses élèves n’avait pas supporté qu’elle le quitte pour un garçon de son âge, et s’était mis à la suivre, jusqu’à la rejoindre dans la maison reculée où elle passait quelques jours avec son petit copain pour ne jamais revenir. Un bon thème pour un romancier. La réalité quelquefois dépasse la fiction. Mais que se passe-t-il quand la fiction modifie la réalité ?

En cynique absolu, Herman Koch écrit au scalpel. Toujours le même humour noir, toujours le même sentiment de malaise. Chez lui, il n’y a pas de bons personnage. On ne sait jamais qui sera le plus psychopathe de tous. Et c’est pour cela que le suspense est implacable jusqu’à la dernière ligne.

  Cher Monsieur M, de Herman Koch, Belfond, 2016, 430 p., 21,50 €

Danser, d’Astrid Eliard
 © DR

Danser, d’Astrid Eliard

Danser, d’Astrid Eliard

Dans ce livre gracieux, Astrid Eliard entrelace les portraits de trois petits rats de l’opéra, qui viennent de rentrer à l’internat de l’école de danse de l’Opéra de Paris. La timide Chine, au prénom précieux et au teint de porcelaine. Delphine, son exact contraire, fille unique choyée et solaire. Stéphane, enfin, 5e d’une tribu de garçons, qui, quand ses frères ont poussé droit dans leurs sandales, scouts polis et forts en math, a fait blanchir les cheveux de sa mère tant il était indomptable.

Pas facile, même s’il y a l’ivresse de s’émanciper, la fierté d’être doué, de quitter sa famille quand on a seulement 12 ans. L’école de l’excellence est aussi celle de l’intransigeance où le moindre faux pas peut-être fatal. Et cette fabrique à rêves est aussi une fabrique à désillusions. Avec une grande justesse, l’écrivain saisit au vol les émois et les rêves de ces adolescents et lève le voile sur un monde d’autant plus fascinant qu’il est inaccessible.

  Danser, d’Astrid Eliard, Mercure de France, 2016, 160 p., 17,50 €

Le baiser de la tortue, de Thierry Montoriol © DR

Le baiser de la tortue, de Thierry Montoriol

Le baiser de la tortue , de Thierry Montoriol

Amateurs de livres d’aventure ou de ténébreux flibustiers narguent les tempêtes à bord de leurs trois-mâts, embarquez sans attendre dans le chatoyant roman de Thierry Montoriol, journaliste et navigateur. Mené tambour battant Le baiser de la tortue a le charme suranné d’un feuilleton d’Alexandre Dumas. 1986. La France est sommée par les Etats-Unis de régler une dette vieille de 2 siècles : « vingt millions de francs-or pour un préjudice infligé par les corsaires français à leur commerce entre 1798 et 1803 ». Une somme qui aurait dû être déduite du montant de la vente de la Louisiane mais que Bonaparte s’est bien gardé de payer.

Chargés de trouver le moyen de ne pas régler cette somme (avec les intérêts, elle frôle les cent mille milliards !), les commissaires Coquillard et Matois se lance dans une improbable enquête historique qui les mène sur les traces du ténébreux capitaine Gaëtan de Kervillis, corsaire breton, qui arpente les mers des Caraïbes sur sa goélette Le Cougar. Jungles hostiles, passions dévorantes et butins cachés… Dépaysement garanti !

  Le baiser de la tortue, de Thierry Montoriol, Editions Gaïa, mai 2016, 464 p., 22 €

Crédits photo : DR
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Article paru dans le numéro #119 SOLDES D'ÉTÉ
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