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Marie-Amélie Motte
Entretien | 26 juin
5 mn

Le rugby chassé par le foot à Barcelone
À cause de l'Euro, la finale du Top 14 s'est exilée au Camp Nou. Une première, assure Paul Goze, président de la Ligue nationale de rugby.

À cause de l'Euro, la finale du Top 14 s'est exilée au Camp Nou. Un match historique, assure Paul Goze, président de la Ligue nationale de rugby. © Pluris
Football 1 - Rugby 0. Pour la finale du Top 14, le championnat de France de rugby a dû s’exiler en Catalogne, tous les grands stades français ayant été réquisitionnés pour l'Euro.
Vendredi soir, les deux équipes en lice, le Racing 92 et le RC Toulon, se sont donc affrontées au stade de Camp Nou, à Barcelone, devant 98 000 spectateurs : jamais un match de rugby n’a été suivi par autant de monde.

Paul Goze, le président de la Ligue nationale de rugby, raconte cette première et commente le récent accord avec la Fédération française de rugby.
Paul Goze, président de la Ligue nationale de rugby. © DR

Paul Goze, président de la Ligue nationale de rugby.


Pluris – La saison du TOP 14 s’est donc terminée à Barcelone. Pourquoi avoir choisi la Catalogne ?

Paul Goze – Lorsque j’ai rencontré les membres de l’UEFA en juin 2014, j’ai rapidement compris qu’il ne serait pas possible d’organiser la finale en France. Barcelone s’est très vite imposé, car les conditions y étaient idéales. Le Camp Nou est le plus grand stade d’Europe et il y a aussi la proximité avec le sud de la France, qui est LA région du rugby français. Et puis je suis catalan, ça aide !

Mais on est ici dans l’antre du football. Les Catalans ont-ils une sensibilité rugby ?

Oui, cela vient de la Catalogne du Nord. Le club de Perpignan a déjà joué ici à Barcelone mais pas au Camp Nou, à cause de la pelouse : les dirigeants craignaient qu’on l’abime. Mais cette année, on a profité du fait que la finale soit en juin, et qu’il n’y avait pas de match de football pendant deux mois. Ce qui était au départ une contrainte est devenu un événement exceptionnel. L’attractivité de Barcelone a joué bien entendu. Il fait beau et c’est la fête de la Saint-Jean. Ça fait un beau week-end.

La Ligue vient de signer un accord avec la Fédération française de rugby qui prévoit de renforcer la mise à disposition des internationaux français par les clubs. Êtes-vous satisfait ?

On n’aurait peut être jamais signé cet accord il y a un an mais la défaite en Coupe du monde (62-13 face à la Nouvelle-Zélande) a servi de détonateur, et de prise de conscience générale dans le rugby. Beaucoup d’efforts ont été faits par le rugby professionnel pour le Quinze de France, que ce soit la mise en disponibilité des joueurs ou les contreparties financières.
Cet accord va être complété par des nouvelles mesures prochainement votées par la Ligue. Elles concerneront notamment les jeunes joueurs issus des centres de formation. Tout ça va dans le même sens : favoriser le rugby français et ses jeunes joueurs, pour qu’ils aient plus de temps de jeu et qu’ils soient le réservoir de l’équipe de France dans les années à venir.

Vous partagez donc le même objectif que celui de la Fédération ?

Tout à fait. Vouloir que l’équipe de France soit plus performante est un objectif commun. L’équipe de France, c’est la vitrine du rugby français. On ne peut pas se permettre d’avoir un mauvais Quinze de France. Penser qu’il y a des antagonismes entre l’équipe de France de rugby et le rugby professionnel, c’est faux. Il y a eu des manières de procéder différentes mais je reste persuadé qu’il nous faut une équipe de France forte, car une partie de la France s’identifie fortement à l’équipe de France.

Finalement, est-il plus facile de travailler avec la Fédération depuis la défaite contre les All Blacks ?

Oui. C’est toujours pareil : il a fallu en arriver là pour avancer. Cette défaite a servi d’électrochoc, elle a permis de débloquer une situation. Cela n’aurait peut-être pas été possible, il faut l’avouer, si on s’était retrouvé face à face il y a un an.
Crédits photo : Pluris, DR
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Article paru dans le numéro #117 INFLUENCE
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