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Emmanuel Brousse
Entretien | 26 juin
7 mn

« Il nous faut des champions nationaux de golf »
La France a tout à gagner à accueillir la Ryder Cup, selon Pascal Grizot, organisateur du tournoi en 2018.

Pascal Grizot, le président du comité d'organisation de la Ryder Cup 2018 © Sylvain Fuchs
Pascal Grizot, le président du comité d'organisation de la Ryder Cup 2018
Dans deux ans, la France accueillera pour la première fois la prestigieuse Ryder Cup : les meilleurs golfeurs américains y affronteront une sélection de champions européens. Le point sur les enjeux de l'événement avec Pascal Grizot, vice-président de la Fédération française de golf et responsable de l'organisation.

Pluris – À deux ans du coup d'envoi de l'événement, où en êtes-vous et quels obstacles restent encore à franchir ?

Pascal Grizot – Les choses ont bien avancé. Il y en avait pour six millions d'euros de travaux sur le site du golf national de Guyancourt, notamment au niveau du système de drainage et d'irrigation qui devait être changé. Il fallait aussi mettre en place des endroits pour installer des tentes d'accueil. Les travaux ont commencé dès la fin de l'Open de France 2015 et se sont terminés dans les temps et dans le respect du budget prévu.
Il y a aussi des difficultés liées au contexte sécuritaire actuel, comme on le voit pendant l'euro avec les fanzones où des avis négatifs avaient été donnés. Nous avions aussi prévu une fanzone au pied de la Tour Eiffel et nous attendons encore une réponse.

Est-ce différent d'organiser la Ryder Cup en dehors des pays anglo-saxons où elle se tient habituellement ?

La Ryder Cup a lieu tous les quatre ans en Europe, et la seule fois où elle s'est déroulée sur le continent depuis 1927, c'était en Espagne, à Valderrama en 1997. Cela s'était très bien déroulé mais il n'y avait que 25 000 spectateurs. En 2018, nous visons 70 000 spectateurs par jour, ce qui est sans commune mesure. Comme nous n'avons pas de droits financiers sur l'événement, l'enjeu pour nous se situe dans la démocratisation du golf en France et l'augmentation du nombre de licenciés.
Il est important de faire en sorte que notre pays soit mieux situé sur la carte golfique mondiale. Le budget de l'événement est d'environ 40 millions dont la moitié est financé par la fédération via une augmentation du prix de la licence de 3 € ainsi que ses fonds propres. Le reste vient des partenaires privés et de l'État.

Comment organiser une telle compétition dans un pays où le golf passe parfois au second plan ?

Il y a une vraie politique de la France en matière d’organisation de grands événements. L'État s'est sérieusement impliqué dans le projet. De manière générale, les gouvernements successifs ont compris que le golf méritait d'être soutenu. De nombreuses études montrent que sa pratique permet de vivre plus vieux et en meilleure santé.
Il n'y a donc pas eu trop à batailler pour être soutenus et pour soulever l'enthousiasme des autorités publiques qui ont bien compris que la France avait tout à gagner à accueillir la Ryder Cup, que ce soit en terme d'images ou de démocratisation du golf.

Quels leviers faut-il actionner pour favoriser la démocratisation du golf ?

J'en vois trois. Le premier, c'est le fait d'avoir des champions. On l'a vu en tennis où les inscriptions ont explosé au moment du sacre de Yannick Noah à Roland Garros. La fédération a mis en place une politique sportive visant à mieux préparer les amateurs pour qu'ils puissent passer professionnels. Sur le circuit amateur, ces dernières années ont vu la France compter des champions du monde et d'Europe remporter la Nations Cup, ce qu’on n’avait jamais vu auparavant et c'est le premier pas vers des victoires en pro. Les Français comptent d'ailleurs déjà des victoires sur le European Tour mais il nous manque encore ce champion capable de décrocher un des tournois majeurs. Nous espérons que cela arrivera bientôt grâce à tous les efforts effectués pour préparer le terrain.
Le deuxième levier, c'est la mise en place de parcours accessibles. Nous avons établi un plan pour faire naître 100 petits parcours urbains dont 70 sont déjà en place. Enfin, le dernier levier réside dans l'organisation de grands événements pour attirer l'attention du public sur le golf, et c'est dans cette optique que nous avons soumis notre candidature, puis été choisis pour organiser la Ryder Cup.

Comment imaginez-vous le golf français en 2020 ?

Je ne suis pas devin mais j'espère que la compétition permettra d'attirer de nouvelles personnes vers le golf, que ce soit des jeunes ou des moins jeunes. Nous ne ciblons pas de public en particulier. Notre sport a cela de beau qu'il peut être pratiqué presque à n'importe quel âge. Notre modèle économique se base sur le nombre de licenciés. Plus ils seront nombreux, plus nous serons en mesure de proposer de belles choses, d'encadrer nos champions et de développer le golf en France.
Crédits photo : Sylvain Fuchs
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Article paru dans le numéro #117 INFLUENCE
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