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Sophie Colin
À savoir | 14 juillet
6 mn

24h dans la peau d'un moine
En immersion chez les moines bouddhistes du Mont Koya, au Japon. Dépaysement garanti, sans mangas ni geishas.

monastère Sekishoin, Mont Koya, Japon  © Sophie Colin
monastère Sekishoin, Mont Koya, Japon  © Sophie Colin
monastère Sekishoin, Mont Koya, Japon  © Sophie Colin
monastère Sekishoin, Mont Koya, Japon  © Sophie Colin
monastère Sekishoin, Mont Koya, Japon  © Sophie Colin
monastère Sekishoin, Mont Koya, Japon  © Sophie Colin
monastère Sekishoin, Mont Koya, Japon  © Sophie Colin
Mont Koya, Japon  © Sophie Colin
Loin des mangas et des geishas, le Mont Koya est entièrement dévolu à la prière. La montagne aux 117 temples bouddhistes est située au sud d’Osaka à près de 900 m d’altitude. Les moines y accueillent les pèlerins venus du monde entier vénérer la terre qui, au 9e siècle, a vu naître le bouddhisme au Japon. Mais aussi les touristes, de plus en plus nombreux, ravis de vivre cette immersion nippone totalement dépaysante. Car la tradition locale impose d’héberger les visiteurs de passage. Les portes des monastères s’ouvrent pour dévoiler un peu de la vie quotidienne de leurs pieux habitants. Opération commerciale selon certains, l’expérience reste cependant intéressante à vivre. Car c’est toujours approcher un peu plus l’âme sacrée du pays. Et le Mont Koya en est l’un des symboles les plus forts.
Mont Koya, Japon  © Sophie Colin

Mont Koya, Japon

Le monastère Sekishoin offre au mieux le confort d’un ryokan traditionnel avec salle de bains privée, au pire celui d’un pensionnat rudimentaire avec abreuvoir commun. Les chambres, elles, sont dans la pure tradition japonaise : tatamis en paille, lits futons, table et chaises ras le sol, paravent en papier et en bois et théière.

La communauté de Bouddha est bien sûr connectée au reste du monde grâce à un wifi pour chaque chambre. Et dans sa version cinq étoiles, l’habitation bénéficie d’un petit salon avec vue sur un charmant jardin comprenant le kit : pont en bois rouge et pièce d’eau avec nénuphars.

Côté vie communautaire, réveil à 6h00 pour assister à la prière de 6h30 - ce n’est pas une obligation. Mais si le dîner à 17h30 a découragé les plus férus de visites et de promenades, une séance de méditation pur jus vaut bien un lever aux aurores. Rendez-vous donc dans la salle de prière. Au préalable, la question de la tenue vestimentaire peut être délicate, et dépend de votre rapidité à vous préparer. Car comment se présenter dignement à vos hôtes ? Oubliez la nuisette en soie que vous avez portée pendant la nuit, bonne à damner tous les saints ou, si vous êtes plus matinal, le total look short-tee-shirt-baskets (vous les aurez laissés la veille à l’entrée du monastère dans les casiers disposés à cet effet). Mais les moines ont tout prévu et vous ont réservé un deux pièces de choc : un pyjama vert en coton qui, si vous aviez encore des doutes, vous donnera l’air d’un détenu politique.
monastère Sekishoin, Mont Koya, Japon  © Sophie Colin

monastère Sekishoin, Mont Koya, Japon

Moines cerbères

La salle de prière est imprégnée de sacré, de recueillement et de silence. Quelques jeunes moines prient pendant qu’un plus ancien allume bougies et encens dans toute la pièce.

Il finit par s’agenouiller face aux visiteurs verts assis sur les tatamis et se met à déverser, d’un ton monotone, des incantations. Il ajuste régulièrement les larges manches de son kimono pendant que les moines, derrière lui, récitent la prière « Butsuzen Gongyo Shidai » qu’ils répètent comme un refrain très mélodieux.

Au bout d’une demi-heure, le mot « breakfast » met fin à cet instant spirituel. Direction la vaste salle à manger du monastère. Assis en tailleur, les uns à côté des autres en rang serré, devant des tables basses, nous nous mettons à manger riz, saumon, algues, chou blanc… de qualité inégale, et à boire du thé sous l’œil des moines cerbères. Nous ne leur donnerions pour rien au monde Bouddha sans confession tant ils nous fixent d'un air qui ne fait qu’accroître notre impression d’être punis. Nul n’ose prononcer un mot et tout le monde semble vouloir prendre la poudre d’escampette.
monastère Sekishoin, Mont Koya, Japon  © Sophie Colin

monastère Sekishoin, Mont Koya, Japon

Dehors, à chaque coin de rue, temples et sanctuaires se sont donné le mot pour nous faire sortir de notre mutisme. Rivalisant de beauté, ils sont aussi gracieux que gigantesques. Plus loin, le cimetière avec ses 200 000 tombes est un lieu qui dépasse l'imagination. La succession des monuments funéraires jouent avec la perspective des arbres, dont certains atteignent 50 mètres.

C’est là, dans le plus grand cimetière de l’archipel, que sont notamment enterrées les personnalités les plus prestigieuses.

Elles reposent dans la partie sacrée du cimetière, à côté du mausolée dédié au moine Kukai, appelé aussi Kobo Daishi, qui, de retour d’un voyage en Chine, introduisit le bouddhisme au Japon en l’an 816. Et créa le Mont Koya.

Crédits photo : Sophie Colin
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Bonnes adresses
Wakayama Koyasan - Japon
Article paru dans le numéro #120 PROGRAMME
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