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Béatrice Lezaun
À savoir | 12 juillet
7 mn

G.Kero, la résistance à coups de pinceaux
Conversation à bâtons rompus avec Philippe Bartherotte, fondateur de G.Kero, sur le dessin, les cabanes en bois et la révolte.

Conversation à bâtons rompus avec Philippe Bartherotte, fondateur de G.Kero, sur le dessin, les cabanes en bois et la révolte. © DR
Rencontrer Philippe Bartherotte, c’est un peu comme tomber sur un cocktail molotov polychrome sur le point d’exploser. Il y a le regard d’abord, bleu, franc et décidé. Puis le verbe, généreux, authentique, à l’image de la maison de prêt-à-porter G.Kero qu’il a fondée en 2011 avec sa sœur Marguerite. Conversation à bâtons rompus sur le dessin, les cabanes en bois et la révolte, à l’occasion d’une visite dans leur atelier du Sentier.

Des insolents dans la mode

Des pinceaux, de l’aquarelle, un coup de crayon virtuose et des pièces intemporelles des vestiaires masculin et féminin, tels sont les ingrédients mélangés avec bonheur pour donner naissance à G.Kero. « On a commencé comme ca en dessinant sur des tee-shirt, sans préméditation et de manière très naturelle », indique Philippe. Dans le petit monde fermé de la mode, G.Kero étonne et détonne par sa fraîcheur. Les collections naissent au gré du pinceau de Marguerite, qui réalise tous ses dessins d’abord sur t-shirt. Le dessin est ensuite digitalisé puis réimprimé, ce qui permet de prendre en compte les infinies nuances de l’aquarelle.
Les dessins réinterprètent avec humour et un brin de provocation les sujets de prédilection que sont les animaux mais aussi les humains, tantôt skieurs, plagistes, surfeurs, rock stars ou femmes fatales, à l’image de l’iconique chemise « Couple X » qui présente une étude sur les différentes positions du Kamasutra. « Il y a un côté enfantin et provocateur dans les dessins de Marguerite », s’amuse Philippe, « Elle aime provoquer des réactions d’où le Kamasutra. ».

L’impertinence et le non conformisme trouvent leurs racines dans l’histoire familiale mouvementée des Bartherotte : un père à la tête d’une maison de couture parisienne aujourd’hui disparue, le départ soudain de la tribu familiale composée de sept enfants pour vivre au Cap Ferret et le train de vie un brin spartiate mené sous le ciel girondin. Une atmosphère de liberté aux accents de kibboutz, qui inspire son insolence à la marque.
Conversation à bâtons rompus avec Philippe Bartherotte, fondateur de G.Kero, sur le dessin, les cabanes en bois et la révolte. © DR

Touchés par la grâce

Côté public, l’audace est payante : en quelques mois, des personnalités en vue se sont mises à porter les créations du duo Bartherotte. Cara Delevingne, Mathieu Chedid, Marion Cotillard et même Kate Moss arborent les adorables silhouettes. Adieu l’Afrique, de Mirella Ricciardi, les photograhies de Léni Riefenstahl, l’atelier de dessin de Marguerite au fond du jardin familial mais aussi les nombreux voyages de Philippe et Marguerite sont des sources d’inspiration très fortes qui impriment leur sceau à chaque création.

Lorsqu’on l’interroge sur les recettes du succès, Philippe répond avec simplicité : « Les gens sont touchés par la grâce, et la beauté d’une composition de couleurs sur un vêtement  dont ils reconnaissent tout de suite l’originalité. » Bien que la marque se fasse discrète dans la presse, les créations G.Kero trouvent un écho très fort chez des influenceurs pointus. Un paradoxe dont la marque a su tirer parti. « Cela nous permet de conserver un côté confidentiel, de proposer aux gens des créations rares qu’ils ne verront pas partout et qui créent de la joie de la surprise. On découvre le vêtement non pas forcément dans un magazine mais sur quelqu’un ».
Conversation à bâtons rompus avec Philippe Bartherotte, fondateur de G.Kero, sur le dessin, les cabanes en bois et la révolte. © DR
Conversation à bâtons rompus avec Philippe Bartherotte, fondateur de G.Kero, sur le dessin, les cabanes en bois et la révolte. © DR

Des petits personnages qui dansent dans la joie

Des pièces intemporelles pour un vestiaire coloré et qui donne des envies d’évasion, telles sont les promesses que tient G.Kero. Lorsqu’on évoque les cinq ans de la marque et sa vie d’entrepreneur, les yeux de Philippe s’assombrissent un peu cependant. Le marché est cruel et certains concurrents n’hésitent pas à le copier.
Gagner en visibilité lorsqu’on est une petite marque qui monte est aussi un véritable parcours du combattant. « Malgré un père qui travaillait dans le luxe dans les années 70, nous sommes vraiment repartis de zéro, sans financement ni contact », explique Philippe. Mais la marque garde le cap, et n’oublie surtout pas d’où elle vient.

Au contraire du fashion system actuel, G.Kero propose ainsi un nombre restreint de références afin d’assurer un écoulement optimal de ses stocks. Les pièces sont réalisées dans de petites entreprises familiales localisées au Portugal et proposées à un juste prix, qui laisse peu de marge et n’est jamais soldé,« par respect pour ce que nous créons et pour le client ». « Un acte de résistance au marché uniformisant, avec des petits personnages qui dansent dans la joie » : tel pourrait être le mantra de G.Kero, véritable « Indiens dans la mode », diamant brut dans un milieu trop policé.
Conversation à bâtons rompus avec Philippe Bartherotte, fondateur de G.Kero, sur le dessin, les cabanes en bois et la révolte. © DR
Crédits photo : DR
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Article paru dans le numéro #120 PROGRAMME
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