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Emmanuel Brousse
À savoir | 16 juillet
9 mn

J'ai testé la nouvelle machine à cash de Nintendo
La firme nippone a déclenché une hype mondiale en proposant aux gens d'aller dans la rue pour capturer des Salamèches. J'ai essayé Pokemon Go et c'est rigolo.

Poekemon Go : J'ai testé la nouvelle machine à cash de Nintendo © Josselin Rocher
La firme nippone s'est fait un milliard de dollars en quelques jours et a déclenché une hype mondiale en proposant aux gens d'aller dans la rue pour capturer des Salamèches. Je l'ai essayé et c'est rigolo.
Pour tous les gens de moins de 30 ans, il est difficile de ne pas voir dans Pokémon une sympathique madeleine de Proust. Au plus fort de la « Pokémania » du début des années 2000, chaque école était submergée par les jeux, cartes et figurines des petites créatures japonaises. Depuis, la génération Pokémon a grandi. Les cartables ont laissé place à des attachés-case et les Gameboys à des smartphones. Mais sommeillant paisiblement au fond du cerveau de ces nouveaux adultes, le souvenir de Pikachu et consorts subsiste.
Gotta catch em all Pokemon Go © DR

Gotta catch em all Pokemon Go

Il faut dire que Pokémon, c'est un concept génial. Les enfants adorent les bestioles et Nintendo a créé un univers basé là dessus mais en corrigeant tous les « mauvais côtés » des vrais animaux. Les Pokémon sont encore plus mignons et variés que les animaux réels, n'ont pas peur des humains, développent des relations avec leurs dresseurs et sont omniprésents dans la vie de tous les jours. Bref, ils sont les compagnons parfaits.

Et même si certains sont devenus si sérieux qu'ils refuseront de le reconnaître, presque tous les gamins de ma génération, la génération Y, celle des « millennials », ont eu un jeu Pokémon dans les mains. Et tous ont adoré ça tant le jeu de Nintendo était le divertissement ultime. Tous ont rêvé qu'au lieu de s'infliger d'ennuyeux exercices de maths à l'école, ils parcouraient le monde aux côtés d'un fidèle Dracaufeu et d'un mignon Rondoudou, partant dans un éternel road trip en quête de créatures cachées.

Gotta catch em all : Roucool sur Pizza © DR

Gotta catch em all : Roucool sur Pizza

Ce n'est qu'en ayant ça en tête que l'on peut comprendre l'engouement de Pokémon Go. Voilà qu'un beau jour, la technologie nous propose pratiquement de réaliser de réaliser notre rêve de gosse en quelques clics. Les chasses aux Pokémons que nous rêvions de vivre en regardant par la fenêtre du bus scolaire deviennent tout d'un coup presque une réalité. Cela fait longtemps que nous les « millennials » avons relégué les Pokémons au rayon des souvenirs pour nous préoccuper de choses d'adultes comme l'état de notre compte en banque, monter des projets pro, réfléchir à ce que nous allons faire de nos vies. Et tout d'un coup, on nous propose de laisser de côté ce quotidien pour réaliser le fantasme de nos jeunes années grâce à l'objet que nous possédons tous : le smartphone.

Une bonne moitié de mes contacts Facebook – qu'ils soient journalistes, profs, avocats, ingénieurs ou encore étudiants- affichent leurs captures de Piafabecs avec des screenshots amusants. Et je dois dire que moi aussi, j'avais plutôt envie d'essayer pour voir si quelques Pokémon ne se cachaient pas dans mon salon.
L'installation n'est pas bien compliquée. Même si l'appli n'est pas officiellement disponible en France, la petite manœuvre pour profiter du jeu ne consiste qu'en quelques clics et une option à activer. Une fois cela fait, on customise son avatar en choisissant d'incarner une fille ou un garçon, sa couleur de cheveux et une des trois couleurs disponibles pour son sweat-shirt de dresseur de Pokémon. Basique.
Maintenant que les formalités sont terminées, je peux me lancer dans la partie amusante : la chasse aux Pokémons. Pour cela, l'appli met à ma disposition une sorte de carte GPS. Un peu comme Waze mais sans les infos sur les bouchons et avec mon avatar qui se promène dessus. Sur cette carte, je peux voir flotter des cubes bleus que le jeu me présente comme étant des « Pokéstop ». Il y en a un peu partout dans mon quartier : devant un temple protestant, devant une fresque murale, au bas d'un bel immeuble... Marcher à coté et « valider » mon passage me permet de gagner de l'expérience et d'empocher quelques pokéballs dont j'aurais besoin pour capturer des bestioles à tire-larigot.
Alors que je valide mon passage au Pokéstop le plus proche de chez moi, mon téléphone se met à vibrer : ca y est, je vais pouvoir capturer mon premier Pokémon sauvage ! Je lui clique sauvagement dessus et constate avec dépit qu'il s'agit d'un Rattata, l'une des bestioles les plus médiocres et communes du jeu. Bon, on ne va pas faire la fine bouche : Rome ne s'est pas faite en un jour et il en ira de même pour ma carrière de dresseur. Faisant glisser mon doigt sur l'écran, je lui balance une Pokéball directement dans la tronche et le capture alors qu'il se reposait paisiblement sur le capot d'une Twingo de ma rue. Alors Rattata, on fait moins le mariole hein ?
Cette première capture n'était que le prélude à de folles aventures. Après Rattata, se furent Roucool, Piafabec et Poissirène qui vinrent compléter mon armée de Pokémons. Etant une grosse feignasse, je n'ai pas eu le courage de leur courir après et j'ai principalement attendu chez moi qu'ils daignent se montrer. Telle l'araignée tissant sa toile, j'ai attendu qu'un Roucool vienne sonner innocemment à ma porte pour le capturer alors qu'il était posé sur le clavier de mon ordinateur. Cette technique n'est clairement pas optimale puisque le principe du jeu reste de se promener dehors.
C'est d'ailleurs un des points qui rend Pokémon Go aussi drôle : outre le côté fun de voir des Pokémons s'incruster dans votre monde, l'appli permet d'ajouter une vraie plus-value à vos déplacements du quotidien. Aller au supermarché à pieds devient une bonne excuse pour vous empiffrer de Pokémons et attendre le bus vous permettra probablement comme moi de mettre la main sur un de ces fichus Nosferapti, des chauves-souris assez moches qui battent des ailes très vite et esquivent vos pokéballs grâces à des figures de voltige dignes de la Patrouille de France.
Etant pour l'instant plutôt nul, je n'ai pas encore eu l'occasion d'aller me faire démolir mon équipe dans une des arènes disponibles. Celles-ci fonctionnent comme des points à capturer dont on peut prendre possession en parvenant à vaincre le Pokémon « gardien » laissé par le dernier joueur à avoir remporté l'arène. Pas sûr que mon Rattata y parvienne, mais patience. Un jour, moi aussi, je deviendrai le meilleur dresseur en attrapant des dizaines de Roucool sur mon canapé.
Crédits photo : Josselin Rocher, DR
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Article paru dans le numéro #120 PROGRAMME
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