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Théo Siffrein-Blanc
À savoir | 21 juillet
7 mn

Artips, la culture à portée de clic
Le double de la Joconde ou les cocktails bleus d'Yves Klein ? Les meilleures anecdotes sur l'art distillées chaque jour dans votre boîte mail.

Artips, la newsletter qui dévoile les secrets sur l'histoire de l'art © Artips
Gérard Marié, Coline Debayle et Jean Perret, fondateurs d'Artips
Le shot de vodka, la pilule d’ecsta ou le flash d’héro ont du souci à se faire. « Une dose d’art au quotidien » : c’est la nouvelle came qui a rendu accroc 330 000 lecteurs – un véritable fléau culturel. Le dealer ? Artips, qui propose de recevoir trois fois par semaine, gratuitement dans sa boîte mail, une anecdote sur l’histoire de l’art. En trois minutes, vous saurez par exemple ce que recèlent les paniers de fruit d’Arcimboldo quand on penche la tête ou qui est le héros qui a sauvé les chefs d’œuvre du Louvre de l’invasion allemande.
L’histoire d’Artips commence en 2013 quand Coline Debayle, diplômée de Sciences Po et d’HEC, rencontre Jean Perret, développeur, lors d’un week end startup. Ayant tous deux un intérêt pour l’histoire de l’art, ils font alors le constat que le temps leur manque pour l’assouvir : « Je me suis rendue compte qu’une fois entrés dans la vie active, on n’avait pas le temps de se cultiver. Et le week end, je n’avais pas envie de passer des heures dans la queue des musées. Quant à Jean, à l’époque, il se levait à 5h du matin pour lire de l’histoire de l’art avant d’aller travailler... » explique Coline.
Coline et Jean se mettent alors en quête de rédacteurs et trouvent le troisième pilier de cette aventure : Gérard Marié, dit « le Grand Sage », ancien professeur d’histoire de l’art de Coline à Sciences Po et chargé de valider la véracité des anecdotes publiées. Le trio envoie dans un premier temps la newsletter à 1000 personnes. En moins de deux semaines, ils enregistraient 5000 nouveaux abonnements. Succès immédiat.
Désormais, Artips compte 330 000 abonnés et continue d’en gagner 20 000 chaque mois. La startup s’appuie sur plus de 200 rédacteurs dont les contenus affichent des taux d’ouverture de 50 à 60%. Artips est également partenaire des plus grands musées français dont le Louvre, le Palais de Tokyo, le Mucem à Marseille ou encore le Palais des Beaux Arts de Lille.

Un modèle économique à trois faces

Les partenariats avec les institutions culturelles constituent le premier pan du modèle économique d’Artips. La startup met en avant leurs expositions, leur actualité, notamment en développant pour eux une application dédiée : « les 10 secrets de », téléchargée plus de 40 000 fois.
Artips s’adresse par ailleurs aux entreprises qui souhaitent offrir à leurs salariés une newsletter dédiée ou valoriser leur patrimoine, comme elle le fait par exemple pour EDF en dévoilant les meilleures histoires sur l’art et la lumière. Enfin, dernière source de revenus : les produits dérivés, avec notamment un abonnement à une box d’anecdotes à recevoir chaque semaine chez soi.

Des anecdotes musicales et des MOOCs pour la suite

Ce business model éprouvé, Coline Debayle et Jean Perret comptent bien le répliquer à d’autres domaines de la culture. Ils ont lancé en janvier Musiktips sur le même principe. De Beethoven à Eminem en passant par Nirvana et Charles Trenet, tous les genres y passent.
La startup envisage par ailleurs de se diversifier en proposant des modules de rattrapage culturel en e-learning. Un projet qui revêt une dimension sociale selon Coline Debayle : « En arrivant à Sciences Po, je me suis rendue compte que la culture pouvait être très discriminante. Selon là où on est né, selon si nos parents nous ont traîné ou non au musée, on n'a pas le même bagage et ça peut nourrir des complexes… La culture crée ensuite des avantages compétitifs dans le monde professionnel ».
Au programme : des modules plus courts que les MOOC traditionnels qui permettent en un mois, à raison de 7 minutes par jour, d’aborder des thèmes comme les impressionnistes, la Renaissance puis le jazz ou encore le rock.
En attendant, la startup met le cap sur New-York où elle lance une newsletter en septembre. Décidément chez Artips, tout va très vite.

  Coline, une anecdote? : « La Joconde a une sœur jumelle ! Tout le monde connaît le tableau de Leonard de Vinci mais il y a quelques années, on a trouvé un tableau similaire, recouvert par un vernis très sombre. Le tableau a été restauré et on s’est aperçu que la ressemblance était en effet très frappante. On s’est alors demandé s’il n’y avait pas deux Mona Lisa. Les chercheurs se sont penchés dessus et se sont aperçus qu’il a été fait exactement au même endroit et au même moment que l’original. En réalité, le tableau provenait du meilleur élève de Leonard de Vinci. Mais du fait de ce vernis noir, le tableau a été parfaitement conservé et on a pu voir ce à quoi la Joconde ressemblait vraiment au moment où elle a été peinte. Grâce à ce double, on a en réalité appris plein de choses sur l’original. »
Artips, la newsletter qui dévoile les secrets sur l'histoire de l'art © Artips
Crédits photo : Artips
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