Fermer
Sophie Colin
À savoir | 30 sept.
9 mn

Montreux Jazz Festival : 50 ans d'excellentes vibrations

Archives du Montreux Jazz Festival conservés dans le  chalet de Claude Nobs, fondateur du festival, enregistrements des concerts, 50 ans de festival, © Sophie Colin
Archives du Montreux Jazz Festival conservés dans le  chalet de Claude Nobs, fondateur du festival, enregistrements des concerts, 50 ans de festival, © Sophie Colin
Salle technique dans le chalet de Claude Nobs, fondateur du Montreux Jazz Festival  © Sophie Colin
Dans le chalet de Claude Nobs, fondateur du Montreux Jazz Festival  © Sophie Colin
Dans le chalet de Claude Nobs, fondateur du Montreux Jazz Festival  © Sophie Colin
Dans le chalet de Claude Nobs, fondateur du Montreux Jazz Festival  © Sophie Colin
Backstage Piano Solo Competition Parmigiani Fleurier, Montreux Jazz Festival  © Sophie Colin
Sa voix n’a pas changé depuis Harvest, son plus grand succès, gravé dans le vinyle en 1972. Neil Young enflamme l’auditorium Stravinski du Montreux Jazz Festival. Trois heures continues d’un concert engagé au rythme de sa vibrante guitare électrique. Le géant canadien est accompagné par le groupe américain Promise of the Real, avec qui il travaille depuis plusieurs années.
Une légende parmi toutes celles qui ont écrit l’histoire du festival, dont on célèbre aujourd’hui les 50 ans. 50 ans de musique, de convivialité, d’authenticité et d’audace. C’est dans cette veine que Claude Nobs a conçu ce lieu et l’a fait vivre jusqu’à sa mort en 2013. « Un festival toujours en mouvement, curieux et intuitif, dont j’aime le côté absurde, ajoute Mathieu Jaton, l’actuel directeur, fidèle aux valeurs de son prédécesseur. C’est très Claude Nobs d’être à contre-courant. »
50 ans qui ont vu défiler d'immenses stars, comme Nina Simone, Miles Davis, Aretha Franklin, Marvin Gaye, Carlos Santana, Deep Purple, Leonard Cohen, Freddie Mercury… La mémoire du festival est rangée dans des boîtes méthodiquement entreposées dans le chalet de Claude Nobs, sur les hauteurs de la ville. Des kilomètres d’enregistrements de concerts inoubliables. La mémoire d’un homme fou de musique, passionné et collectionneur, dont la fantaisie jaillit dans ce décor haut en couleur et débordant de souvenirs qui tranche avec la vue tranquille sur la montagne et le lac Léman.
Montreux Jazz Festival © DR
La programmation éminente ne va pas sans une qualité sonore et visuelle exceptionnelle, une priorité pour les organisateurs, qui ont équipé les salles de la meilleure acoustique qui soit, signée Meyer Sound. Il ne manquait plus que de trouver une solution pour remédier à l’affluence des téléphones portables brandis à bout de bras pour relayer les bribes d’une pâle copie de concert, au risque de déranger les autres spectateurs et les artistes. C’est chose faite. Pour ses 50 ans, le festival s’offre Cuts, une application qui permet aux festivaliers de cliquer sur son téléphone chaque fois qu’il aime le moment précis d’un concert et d’en recevoir un extrait de 30 secondes fourni par la production du festival.
Pendant que Quincy Jones envoûte ses fans à quelques mètres de là, Esteban Castro, jeune prodige américain de 13 ans, tient au bout de ses doigts un avenir aussi prometteur. Impressionnant de maturité par son agilité et son assurance, il sera le vainqueur du concours Parmigiani Montreux Jazz Piano Solo 2016. Le plus jeune de toute l’histoire de Montreux ! C’est parce qu’ils partagent les mêmes valeurs d’exigence, de technicité et de créativité et un regard sensible sur le monde que la maison horlogère Parmigiani Fleurier est devenue en 2006 le partenaire officiel du festival. Pierre Landolt, dont la famille est à la tête de la Fondation Sandoz, actionnaire majoritaire de Parmigiani, est d’ailleurs le vice-président du festival.
Plus qu’un soutien financier, la marque stimule cette rencontre artistique et accompagne dans leur carrière de futurs grands musiciens. Son concours est destiné à des pianistes de toute nationalité n’ayant pas plus de trente ans, et il en récompense chaque année trois d’entre eux, le premier recevant même une montre éditée spécialement pour l’événement. La transmission du savoir et du patrimoine est aussi précieuse dans la musique que dans l’horlogerie. C’est à l’hôtel Fairmont, l’un des QG du festival, que le concours se déroule. Les répétitions, morceaux imposés ou figures libres, s’y succèdent.
« Prince était pour moi le plus grand génie musical. Il a changé l’univers de la musique. »
Lorsqu’on demande à Mathieu Jaton de citer les trois artistes qui l’ont le plus impressionné sur scène, on ne peut que maudire avec lui la disparition de deux d’entre eux : « David Bowie en 2012 : stupéfiant de charisme et de puissance. Prince, qui était pour moi le plus grand génie musical et qui a changé l’univers de la musique. Il savait tout faire et incarnait l’exemple du contre-business : après avoir fait les plus grands shows dans le monde, il revenait à Montreux en toute simplicité, juste pour la musique et son jeu de guitare. Et puis, le concert de Radiohead en 2003 : une claque monumentale. »
Pour l’artiste le plus improbable de cette année, il évoque « la soirée surprenante de PNL, Vald et Georgio, trois artistes qui ont explosé sur le web avec le renouveau du hip-hop et du rap français. C’est une musique étonnante tant au niveau des textes que des rythmes et qui fonctionne très bien. Ils ont un vrai univers, une identité qui leur est propre. C’est ça aussi Montreux : oser casser les barrières. »
Justement, en 50 ans, quels territoires musicaux le Montreux Jazz Festival n’a t-il pas parcourus ? « Nous avons exploré tous les styles musicaux, poursuit Mathieu Jaton. Non pas dans une recherche d’éclectisme à outrance. C’est le jazz lui-même qui a cette ouverture d’esprit, cette volonté de partager, d’être libre et d’improviser. Cela peut se retranscrire dans le blues, le rock, le hip-hop, le hard rock, et les artistes, tous styles confondus, qui viennent ici, se revendiquent aussi beaucoup du jazz. »
La scène de Montreux, ce sont aussi des discours enflammés. C’est Patti Smith fustigeant le Brexit et revendiquant le droit pour le peuple de décider sans être manipulé. C’est aussi l’illustration vivante de 50 années d’une évolution radicale de l’industrie de la musique avec ses nouvelles donnes, surtout depuis que l’ère du disque a chuté au début des années 2000. Ne vendant plus dans les bacs, les artistes ont dû plus tourner, sont devenus moins rares mais plus chers. Et les festivals ont dû s’adapter à cette nouvelle façon de faire des affaires.
Le festival souffle ses cinquante bougies au rythme de Let’s dance et de Purple Rain. Simply Red, PJ Harvey, Matt Corby, Lou Doillon, Lana del Rey, pour n’en citer que quelques-uns, continuent d’écrire l’histoire du Montreux Jazz Festival.
Backstage Piano Solo Competition Parmigiani Fleurier, Montreux Jazz Festival  © Sophie Colin
Backstage Piano Solo Competition Parmigiani Fleurier, Montreux Jazz Festival

Lire également

Crédits photo : Sophie Colin, DR
Partager :
Bonnes adresses
Rue du Temple 11
2114 Fleurier - Suisse
Fermer
Montreux Jazz Festival : 50 ans d'excellentes vibrations à un ami.
(*) Obligatoire
Fermer
Modifiez votre mot de passe
Fermer
Veuillez saisir votre identifiant
Fermer
Fermer
Bienvenue sur Pluris
Inscrivez-vous pour rejoindre
la communauté Pluris et recevoir chaque semaine le magazine.
Créer un compte avec un email
Bienvenue sur Pluris
, complétez le formulaire pour terminer votre inscription.