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Emmanuel Brousse
Focus | 18 nov.
6 mn

Des jobs étudiants par SMS
StaffMe conjugue le texto et le statut d'auto-entrepreneur pour mettre en relation les étudiants et les entreprises.

Amaury d'Everlange et Jean-Baptiste Achard, fondateurs de StaffMe © StaffMe
Amaury d'Everlange et Jean-Baptiste Achard, fondateurs de StaffMe
En France, 73 % des étudiants travaillent pour financer leurs études dont le coût moyen, estimé à 8 000 euros par an, ne cesse d’augmenter (+1,2 % à la rentrée 2016 selon l’UNEF). Or, le plus souvent, le job étudiant est circonscrit au baby-sitting, au service dans la restauration ou à la livraison.
C’est d’ailleurs en étant coursier pour une énième entreprise de livraison de repas que Jean-Baptiste Achard, 25 ans, fraîchement diplômé de l’Essec, a perçu l’opportunité : « J’y ai découvert le statut d’auto-entrepreneur. Mais j’ai vite compris qu’un seul type de mission était proposé, coursier, alors que c’est vraiment une aubaine, on peut utiliser ce statut pour une quantité d’autres petits boulots », explique-t-il. Il s’associe alors avec Amaury d’Everlange, avocat dont il était le stagiaire, et ils lancent ensemble StaffMe en avril 2016.
Capitalisant sur le statut d’auto-entrepreneur, StaffMe met en relation par SMS les étudiants et les entreprises pour des missions temporaires © StaffMe
Evénementiel, pige, vente, assistant d’un de service comptabilité… la startup propose aux étudiants auto-entrepreneurs de choisir par texto parmi un large éventail de missions. Succès immédiat puisqu’après une semaine StaffMe comptait déjà 400 étudiants, les « Staffers », inscrits sur la plateforme.

Premier arrivé premier servi

Ces Staffers, StaffMe les sélectionne attentivement : elle vérifie à l’aide d’un questionnaire en ligne leur parcours académique, leurs expériences professionnelles et leur fait passer un entretien téléphonique pour tester leur motivation. La startup les guide également dans leur démarche pour obtenir le statut d’auto-entrepreneur. « Nous prenons aussi en charge toutes les démarches liées à la facturation et au paiement », précise Amaury d’Everlange, président de StaffMe.
Concrètement, lorsqu’une entreprise formule une demande, la startup sélectionne grâce à l’algorithme qu’elle a développé les Staffers les plus adaptés et leur envoie un SMS décrivant l’offre. Le premier étudiant qui répond positivement remporte la mission. L’entreprise n’a donc qu'à choisir parmi plusieurs candidats. « C’est un parti pris fort mais nous voulons complètement libérer les entreprises des contraintes liées au recrutement et cela nous permet d’être très réactif », explique Jean-Baptiste Achard.
Capitalisant sur le statut d’auto-entrepreneur, StaffMe met en relation par SMS les étudiants et les entreprises pour des missions temporaires © StaffMe
Pour les entreprises, StaffMe propose un tarif de 15 euros TTC par heure. Après déduction de sa commission de 3 euros, StaffMe garantit aux étudiants une rémunération minimale de 12 euros de l’heure. Les missions durent en moyenne 25 heures mais la startup propose également des missions très courtes de quelques heures.

500 000 euros levés auprès de ses clients

Tirer partie de l’ubérisation de l’emploi ? StaffMe s’en défend : « Pour les entreprises, cela ne remplace pas un emploi. En revanche, cela facilite le travail étudiant qui est très compliqué : le stage permet aux jeunes de se former, mais ils sont souvent très mal payés ; l’intérim, c’est le parent pauvre du monde du travail et le CDD est rarement adapté aux études », rétorque Amaury d’Everlange. « C’est aussi un tremplin vers le monde du travail, un moyen de se faire recruter. Une startup a par exemple embauché deux de nos staffers », ajoute Jean-Baptiste Achard.
Après 6 mois d’activité, la startup compte 5 000 étudiants inscrits, 700 Staffers actifs et près de 100 entreprises clientes. En septembre 2016, StaffMe a levé 500 000 euros auprès de ces dernières. « Nous avons estimé que les entrepreneurs ayant testé et approuvé notre service étaient, pour un premier tour de financement, les meilleurs investisseurs pour StaffMe », se satisfait Amaury d’Everlange.
Cette levée va permettre de renforcer son algorithme de matching et de structurer ses équipes. La startup ambitionne également de s’implanter dans les principales villes étudiantes françaises (Lyon, Lille, Toulouse, Marseille, Bordeaux, Montpellier, Rennes, Strasbourg, Grenoble).

Pour en savoir plus

Le site de StaffMe
Crédits photo : StaffMe
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Article paru dans le numéro #129 MATIÈRE GRISE
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