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Tiphaine Illouz
5 mn
Un paysage ne se comprend bien qu’à deux roues. C’est ainsi que Thomas Henriot, jeune président des Champagnes Henriot, justifie sa passion des motos. Ce n’est pas seulement une question de vitesse : la moto permet une immersion sensuelle dans les paysages viticoles, entre l’immensité du ciel, la nature sauvage, et les parfums envoûtants. À moto, tous les sens sont en émoi.

Pluris – D’où vous vient cette passion pour la moto ?

Thomas Henriot – J’ai toujours voulu faire de la moto ! Pour moi, c’est un moyen de découvrir le monde autrement. Actuellement j’en ai quatre, et chacune m’offre un plaisir unique. La première, c’est une japonaise, extrêmement fiable, pour voyager. J’ai également une BMW, sa technicité et sa facture parfaite m’inspirent une entière confiance. Ma moto du dimanche, c’est une Royal Enfield, une petite anglaise des sixties au charme vintage, qui se conduit comme un vélo. Enfin, une Harley-Davidson, pour sa beauté et son confort sans pareil. À chaque moto, son style et sa culture.

Comment perçoit-on le terroir à moto ?

La meilleure transcription du terroir, elle est dans la bouteille. Mais la moto est un formidable outil de lecture du paysage, elle permet un corps-à-corps avec la nature, avec une liberté totale. Ressentir le terroir passe par la compréhension fine du paysage, sa constitution parcellaire, ses couches géologiques. Et pour ça il faut être plus mobile que contemplatif. Je me souviens d’un voyage extraordinaire dans les reliefs appalachiens, en Irlande. C’était un voyage de parfums. À chaque changement de paysage correspondait une odeur parfaitement conservée grâce à l’humidité de l’air : fleurs blanches, fougères, iode, forêt… Cette variété de parfums, je la retrouve parfois dans les vignobles.

Quel voyage vous a le plus marqué ?

L’été dernier, j’ai fait un road trip sur la côte ouest des Etats-Unis en Harley-Davidson. Depuis le Golden Gate Bridge à San Francisco, jusqu’aux vignobles de la Sonoma Valley, où les variétés de sols produisent des chardonnays et des pinots noirs très intéressants. Cette moto est vraiment taillée pour la route américaine, on profite du paysage dans un confort de Pullman. Après la traversée de la faille de San Andrea, nous avons remonté la côte Pacifique dans un brouillard permanent, comme une sorte de jeu d’ombre et de lumière très poétique. Et puis je n’oublierai jamais notre arrivée sous les séquoias les plus hauts du monde, certains ont plus de 3000 ans !

Quel lien faites-vous entre le style Henriot et celui de vos motos ?

Le style de la Maison Henriot, c’est la magie de l’assemblage, le vieillissement des cuvées sur lit un peu plus long que la normale, et la capacité de mettre du chardonnay en proportion plus importante. Le caractère d’une moto peut être relié à l’esprit d’un vin. Je rapproche volontiers notre Cuvée des Enchanteleurs, par exemple, de ma moto allemande, car elle symbolise la perfection, l’aboutissement des recherches nécessaires à la parfaite connaissance du parcellaire champenois, et à l’assemblage des Grands crus de Champagne les plus prestigieux qui la composent.
Crédits photo : Maud Bernos
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Article paru dans le numéro #3 AMOUR
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