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Sophie Colin
Recommandation | 26 oct.
4 mn
Tino Sehgal a étudié la danse à la Folkwang University of the Arts d’Essen en Allemagne. C’est donc naturellement qu’il vient de collaborer avec l’Opéra de Paris pour lequel il a imaginé des chorégraphies venant en écho à celles de William Forsythe, Justin Peck et Crystal Pite. La performance artistique à laquelle il convie aujourd’hui les visiteurs du Palais Tokyo, qui lui a laissé carte blanche jusqu’au 18 décembre, s’inscrit dans cet univers. Enigme est une expérience humaine, une chorégraphie sociale, une invitation à réagir.
Tout commence dès que l’on franchit le rideau de perles blanches et transparentes, œuvre de Félix González-Torres, puisque la carte blanche de Tino Sehgal consiste aussi à mêler in situ son travail à celui d’autres artistes. À peine passé d’une dimension à une autre, le visiteur est propulsé dans le mystère Sehgal. Une question surgit brusquement de nulle part, posée par une silhouette qui s’anime tel un pantin : « Qu’est-ce qu’une énigme ? » « Un mystère. » Mauvaise réponse ! La question est répétée. « Qu’est-ce qu’une énigme ? » « Une devinette. Un jeu. » Sésame, ouvre-toi ! « Ludique » est la clé qui mène à l’étape suivante.

La clé de l'énigme humaine

Direction le sous-sol du musée où un groupe d’hommes et de femmes marchent dans la même direction, à distance les uns et des autres, à la même cadence lente, et silencieusement. Parvenus devant les baies vitrées du bâtiment, ils s’arrêtent. Certains s’assoient par terre. D’autres commencent à scander des mots : « surround », « instead », « process », « channel ». Autour d’eux, les visiteurs les observent, intrigués. Quelques-uns ont rejoint le cortège. Ils prennent part au jeu auquel Tino Sehgal les a conviés. Mais quelles en sont les règles précises ?
Tino Sehgal au Palais de Tokyo © Sophie Colin
Tino Sehgal au Palais de Tokyo © Sophie Colin
Tino Sehgal au Palais de Tokyo © Sophie Colin
Tino Sehgal au Palais de Tokyo © Sophie Colin
Pour le savoir, certains tentent leur chance auprès des performeurs. Un premier leur fait comprendre qu’il ne peut pas parler. Règle numéro 5 : ne pas renoncer à jouer. Car le performeur finit par parler. Il ne répond toutefois pas aux questions. Il raconte une histoire : celle d’un groupe de personnes qui ne se rend pas compte de l’absence d’un des leurs. Avec suffisamment de détails pour qu’on navigue entre réalité et fiction et que, surtout, on continue à se demander où elle va nous conduire.
L’énigme est élucidée et le mystère Sehgal, percé. L’indifférence humaine est un tableau humain, une chorégraphie sociale qu’il met en scène pour mieux la dénoncer. Et chaque étape du processus qu’il a imaginé conduit le visiteur à réagir. Au moins par la réflexion, en observant la performance, voire en se demandant ce qu’on attend de lui, au plus par l’action, en se fondant dans le groupe et en posant des questions. Susciter tout sauf de l’indifférence, voilà la clé de l’énigme humaine.
Carte blanche à Tino Sehgal, au Palais de Tokyo, jusqu'au 18 décembre 2016.
Crédits photo : Sophie Colin
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