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Élodie Fondacci
Recommandation | 21 déc.
5 mn

Fééries de Noël
Pour la fin de l’année, les théâtres sortent le grand jeu ! 8 spectacles enchanteurs à voir pendant les fêtes.

42th Street, au Théâtre du Châtelet © DR
42th Street, au Théâtre du Châtelet

42th Street, au Théâtre du Châtelet

Il y a 10 ans, quand Jean Luc Choplin prenait la tête du Châtelet et annonçait qu’il voulait en faire le temple de la comédie musicale, tout le monde ricanait. Soixante-dix productions éblouissantes plus tard, force est de reconnaître qu’il a tenu son pari et su transformer ce théâtre en une annexe de Broadway. Pour tirer sa révérence – il quitte son poste fin décembre - et illuminer les fêtes de fin d’année, Jean Luc Choplin a choisi le plus emblématique des musicals américains : 42th Street, du nom de cette artère débouchant sur Times Square qui a vu naître tant de comédies musicales dans les années 30 à 50.
C'est justement dans les coulisses de la création d’un show que nous plonge le spectacle, où l'intrigue cousue de fil blanc (une débutante timide remplace au pied levé la vedette blessée et devient star à son tour) est prétexte a un déferlement enchanteur de paillettes, costumes à plume et numéros de claquette aussi flamboyants que les cuivres de l'orchestre !

 42th street, mise en scène et chorégraphie de Stephen Mear, au Théâtre du Châtelet, jusqu’au 8 janvier.
La grenouille avait raison, de et avec James Thierée, au Théâtre du rond Point © DR
La grenouille avait raison, de et avec James Thierée, au Théâtre du rond Point

La grenouille avait raison, de et avec James Thierée, au Théâtre du rond Point

Où James Thierrée nous installe-il pour son nouveau spectacle ?
Dans une grotte des profondeurs sous-marines ? Dans un laboratoire ? Ou dans le ventre d’un étrange Nautilus ? Sur scène un aquarium, d’étranges machines aux reflets cuivrés, un escalier en colimaçon qui grimpe vers nulle part, des plateformes mouvantes suspendues au plafond. Et même un vieux piano qui joue tout seul et évoque l’orgue de Nemo…
Car l’ombre de Jules Vernes plane sur ce décor énigmatique où règne en capitaine James Thiérrée, entouré de 2 serviteurs-clowns, d’une belle demoiselle aux allures d’Ophélie et d’une curieuse créature mi-femme mi-grenouille qui habite dans les hauteurs. Sont-ils frères et sœurs comme dans les contes ? Sont-ils enfermés là par un sortilège ? Pas besoin de tout comprendre pour être envouté par les fantasmagories que Thiérrée fait surgir en mêlant les arts du cirque à la grâce de la danse. Il suffit de se laisser porter par la poésie mélancolique de ce rêve éveillé.

 La Grenouille avait raison, de James Thiérrée, au Théâtre du Rond-Point, jusqu’au 31 décembre.
Peau d'âne, au Domaine de Chantilly © DR
Peau d'âne, au Domaine de Chantilly

Peau d'âne, au Domaine de Chantilly

30 minutes suffisent à partir de Paris pour gagner le domaine de Chantilly et se laisser charmer par une autre féérie équestre – moins sombre celle-là, puisque, tradition délicieuse, les Grandes Ecuries accueillent chaque année un spectacle pour Noël.
C’est le mythique conte de Perrault que racontent cet hiver écuyères, poneys et chevaux.
Prouesses équestres, numéros de voltige étourdissants, acrobaties aériennes (la reine des fées est trapéziste et paraît voler sous le dôme de 28 mètres de hauteur !), robes de soleil et de lune… Peau d’âne est un enchantement.

 Peau d’âne, aux Grandes Ecuries du Domaine de Chantilly, jusqu’au 2 janvier 2017.
Oliver Twist, à la Salle Gaveau © DR
Oliver Twist, à la Salle Gaveau

Oliver Twist, à la Salle Gaveau

Décidément un petit air de Broadway souffle sur Paris !
La Salle Gaveau aussi se lance dans la comédie musicale avec cette adaptation du chef d'œuvre de Charles Dickens. Faire tenir une grosse production dans cette salle grande comme un mouchoir de poche était pourtant une gageure ! Mais Ladislas Chollat gagne son pari avec une mise en scène ingénieuse, à étages, qui envoie même les musiciens au balcon, répartis dans les loges qui flanquent la scène.
Pour conter les mésaventures du pauvre Oliver, échappé de l'orphelinat, vendu à des croques morts et enrôlé dans une bande d’enfants pickpockets dans les bas-fonds de Londres, cette belle troupe énergique ne ménage pas sa peine et le résultat ravit grands et petits !

 Oliver Twist, à la Salle Gaveau, jusqu'au 26 février 2017.
Peter Pan, à Bobino © DR
Peter Pan, à Bobino

Peter Pan, à Bobino

Il faut voir la tête des enfants quand Wendy et ses frères s'envolent à la suite de Peter Pan sous les cintres de Bobino (grâce à des harnais tout à fait invisibles)! Leur émerveillement achèverait de nous conquérir si on ne l'était pas déjà complètement. Car ce Peter Pan (qui a déjà séduit 400 000 spectateurs ) est une réussite incontestable. En 1h30 de danses et de chansons, les aventures du petit garçon qui ne voulait pas grandir nous sont contées tambour battant par une troupe de chanteurs espiègles comme des farfadets ! Un grisant voyage au pays imaginaire.

 Peter Pan, à Bobino, jusqu’au 7 janvier.
Le Cirque roux - The Elephant in the room, à Bobino © DR
Le Cirque roux - The Elephant in the room, à Bobino

Le Cirque roux - The Elephant in the room, à Bobino

Oubliez les clowns, les éléphants, les otaries... Avec le Cirque Le Roux, on est à mille lieues du cirque classique. Ici, ni gradins ni chapiteau ! Ornée de tentures gris perle et d’un canapé de velours, la scène de Bobino ressemble plutôt à un boudoir raffiné où fait irruption une mariée aux allures de vamp qui s’allume une cigarette avant d’éclater d’un rire machiavélique et de glisser une fiole de poison dans son corsage. Qui veut-elle assassiner ? Son colosse de mari ? L’intrigant dandy anglais qui rôde dans les parages ou le majordome ?
Autour de ce scénario aux allures de Cluedo, un quatuor d’acrobates surdoués enchaîne les numéros époustouflants et défie les lois de la pesanteur. Entre cirque et théâtre, le spectacle évoque l’esthétique raffinée de Pierre et Gilles ou celle du cinéma hollywoodien des années 30 ! Spectaculaire !

 Cirque le Roux - The Elephant in the Room, à Bobino, jusqu’au 14 janvier 2017.
On achève bien les anges, au théâtre équestre Zingaro © DR
On achève bien les anges, au théâtre équestre Zingaro

On achève bien les anges, au théâtre équestre Zingaro

Entrer chez Bartabas c'est déjà partir en voyage. Un instant avant il y avait le bruit de la ville encombrée de voitures, et soudain, en pénétrant dans cette cathédrale de bois conçue à la démesure de l’artiste, on est ailleurs ! On achève bien les anges, la dernière création du théâtre équestre Zingaro a la solennité d’une liturgie. Il y a du sacré dans cette fantaisie macabre qui se déroule au son des musiques de Bach et Tom Waits. En une succession de scènes d’une poésie crépusculaire, des anges descendent des cintres, suspendus à de longs filins noirs, avant de monter à cru sur leurs chevaux. Des squelettes dansent sur leurs montures. Des femmes immenses voilées par des buquas se dressent sur des échasses. Bartabas parle de la violence du monde mais sans oublier d’en rire. Et le résultat est d’une beauté somnambule.

 On achève bien les anges (Elégies), au théâtre équestre Zingaro, à Aubervilliers, jusqu’au 31 décembre.
Crédits photo : DR, Charlotte Spill
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Article paru dans le numéro #130 AVENTURES
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