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Alexis Morloup
News | 13 avril
6 mn
Les belles images de l’espace plaisent beaucoup. Elles ont de jolies couleurs et de jolies formes, elles ont l’air surnaturelles, elles sont parfaites en fonds d’écran. Et elles n’ont rien de banal : les rendus artistiques des exoplanètes, celles qui sont en dehors de notre système solaire, sont franchement réussis. Ils montrent une grande imagination pour comprendre à quoi peut ressembler la vie autour d’une autre étoile. Et ils sont aussi terriblement compliqués à faire.

Eh oui, car ces images ne sont pas envoyées directement d’un téléscope à un communiqué de presse. Chaque image est le résultat d’une collaboration entre des artistes et des astronomes spécialisés dans les planètes. Ceux-ci convertissent des petits bouts de données en quelque chose qui pourrait ressembler à une planète tout en restant scientifiquement plausible.
En février, la NASA a annoncé la découverte de nouvelles planètes et diffusé des images. Mais comment sait-elle à quoi elles ressemblent ? © Caltech
En février, la NASA a annoncé la découverte de nouvelles planètes et diffusé des images. Mais comment sait-elle à quoi elles ressemblent ? © Caltech
En février, la NASA a annoncé la découverte de nouvelles planètes et diffusé des images. Mais comment sait-elle à quoi elles ressemblent ? © Caltech

Des rêves et des sous

Ces illustrations ont une vraie utilité. Elles servent à faire rêver les lecteurs, et elles aident les scientifiques à valoriser l’importance de leurs découvertes. Les sciences spatiales coûtent extrêmement cher, et il faut être très convaincant pour obtenir des fonds.

Pour l’instant, la science des exoplanètes est encore embryonnaire, mais son potentiel est immense. Le système planétaire Trappist-1, qui comporte sept mondes en forme de Terre en orbite autour d’une étoile naine, peut être le format idéal de visualisation des exoplanètes. Mais les scientifiques en recherchent déjà d’autres.
À la Breakthrough Discuss Conference, une conférence annuelle sur la vie dans l’Univers et les nouvelles tendances de l’exploration spatiale, qui s’est tenue à Stanford University la semaine dernière, les participants étaient très optimistes sur la poursuite de l’étude des exoplanètes de Trappist-1 et la planète découverte près de Proxima du Centaure b. Ils ont aussi souligné la qualité des données fournies par SPECULOOS (Search for habitable Planets EClipsing ULtra-cOOl Stars – la mode est aux acronymes gourmands), un système d’observation des planètes habitables. Ses quatre téléscopes servent à repérer les exoplanètes, mais aussi à en dresser des cartes pour trouver des traces éventuelles de vie comme la présence de dioxyde de carbone ou d’ozone.

Des nouvelles planètes, pas des nouvelles Terres

Les tout derniers instruments facilitent la vie des dessinateurs. Au début de la science des planètes, les astronomes refusaient les illustrations trop évocatrices, car les données étaient insuffisantes. Aujourd’hui les données fournies par les téléscopes comme Trappist ou Kepler servent à bâtir des hypothèses et à monter des missions pour obtenir plus d’informations, comme la forme et la masse des planètes. Les rendus donnent l’impression que toutes les caractéristiques de exoplanètes sont connues à un niveau de détail que la science ne peut pas encore donner.

Les artistes doivent aussi se méfier des analogies avec la Terre. Dans leurs dessins, ils doivent éviter de suggérer qu’on a trouvé une planète comme la Terre. Tout l’enjeu consiste à faire comprendre à un Terrien qu’il s’agit d’une nouvelle planète sans qu’il croit que c’est une nouvelle Terre.

Mais même si dessiner des rendus « terrestres sans trop l’être » semble futile, le défi scientifique est passionnant. Les astronomes sont aussi fascinés par des courbes et des graphiques que par de vrais paysages. En échangeant avec des artistes, ils sortent de leur milieu et contribuent à transformer des données en quelque chose de vraiment concret.

Par ce moyen, les travaux d’astronomie peuvent être diffusés auprès de l’ensemble des habitants de la Terre. Ce n’est pas seulement une question de rendre des communiqués de presse plus sexy, c’est aussi une façon de montrer que les recherches astronomiques ont une valeur et méritent d’être poursuivies.

Toutes les données scientifiques sur Trappist-1

Trappist-1
Crédits photo : Caltech
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Article paru dans le numéro #132 CULTURES
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