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Alexis Morloup
Focus | 30 sept.
5 mn

La vraie fausse voiture sans chauffeur
Une voiture vide a circulé en Virginie au mois d'août sans un accroc. Trop beau pour être vrai ? Ford a fini par dévoiler le pot-aux-roses.

Une voiture vide a circulé en Virginie au mois d'août sans un accroc. Trop beau pour être vrai ? Ford a fini par dévoiler le pot-aux-roses. © DR
Au début du mois d’août, un curieux véhicule circulait dans les rues d’Arlington, en Virginie, près de Washington. C’était un van sans passager, pas même un conducteur. Il n’en fallait pas plus pour exciter les blogs techno américains.

Un journaliste qui croisait la route du van s’est approché du véhicule et il a aperçu deux mains bien vivantes qui sortaient du fauteuil du conducteur et tenaient le volant le plus bas possible. Le véhicule sans chauffeur en avait bien un, mais il était déguisé en siège !

Ce curieux camouflage était une expérience conjointe de Ford et de l’Institut de transport de l’université Virginia Tech pour comprendre comme les véhicules sans chauffeur peuvent communiquer avec les autres utilisateurs de la rue, piétons, cyclistes et autres chauffeurs.

On ne s’en rend pas compte, mais les conducteurs échangent pleins de signaux discrets pour communiquer entre eux quand ils sont au volant : un coup d’œil à un piéton pour lui signaler qu’on l’a vu ; un coup de tête pour laisser passer une autre voiture à une intersection ; un signe de la main pour changer de file sur une autoroute ; etc. Si on enlève le chauffeur, tous ces signaux disparaissent.

Quand la lumière remplace les réflexes

Ford et Virginia Tech ont remplacé tous ces réflexes par des signaux lumineux, et ils ont testé la façon dont les autres utilisateurs de la route réagissaient à ces signaux. Mais comme les véhicules sans chauffeur ne sont pas autorisés (ils ne sont pas encore au point), et qu’un passager dans la voiture ne pourrait s’empêcher de communiquer ses intentions, même s’il ne conduit pas, les chercheurs ont mis au point ce déguisement de siège de voiture, appui-tête compris, avec un écran foncé pour voir la route.

Clignotant, phares, essuie-glaces : tous les dispositifs étaient modifiés pour que le conducteur puisse y accéder sans se faire voir. Une boîte de contrôle coincée entre ses jambes lui permettait de lancer des signaux lumineux.

« La technologie sans chauffeur fait encore un peu peur, donc si le véhicule parvient à bien communiquer ses intentions, cela peut aider à la faire accepter », expliquait l’un des responsables du projet dans une communication.

Le chauffeur-siège devait respecter scrupuleusement toutes les règles du code de la route, et ne surtout pas dépasser les limitations de vitesse. Ce qui n’a pas manqué d’énerver d’autres conducteurs qui croisaient son chemin. Certains lui ont même hurlé dessus, avant de se rendre compte que la voiture était vide !

Tous les mouvements de la voiture et de son environnement ont été filmés, ce qui a produit 1800 heures que les chercheurs doivent maintenant exploiter. La voiture est passée relativement inaperçue, ont remarqué les conducteurs, et personne n’a tenté de la vandaliser.

« Ça fait plus de 100 ans que nous conduisons, et donc nous avons développé une infinité de réflexes et d’interactions sociales, bien au-delà du simple code de la route, confiait l’un des chercheurs. Faire comprendre toutes ces subtilités à des machines va être très difficile ! »
Crédits photo : DR
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Article paru dans le numéro #135 eDRH
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