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Tiphaine Illouz
News | 12 avril
4 mn

Biodynamie en terrains extrêmes
Jean-Michel Florin est tombé dedans quand il était petit, et il ne s'en est jamais remis.

Biodynamie en terres extrêmes vin © Bijan Kafi
« La biodynamie, je suis tombé dedans à la naissance », s’amuse Jean-Michel Florin. En effet, son père, Xavier Florin, professeur à l'École d'agrobiologie de Beaujeu, en Beaujolais, en fut l’un des pionniers en France. « La biodynamie va plus loin que l’agriculture biologique. C'est une agriculture thérapeutique qui soigne la terre grâce à des procédés naturels, elle stimule sa fertilité, et préserve ses forces. » Les pratiques de biodynamie sont certifiées par le label Demeter, déjà appliqué à plus de 5000 fermes dans le monde aujourd'hui, de quelques hectares de terre à plusieurs milliers en Australie. « C'est en Allemagne que les fermes biodynamiques sont les plus nombreuses, mais la biodynamie se développe aussi sous des climats extrêmes, et sur des terres a priori très pauvres», précise Jean-Michel Florin.
Parmi les expériences emblématiques, figure celle de Sekem en Egypte, qui signifie « Vitalité du soleil », menée par le pharmacologue et médecin égyptien Ibrahim Abouleish. Parti d’un morceau de désert de 70 ha au nord du Caire en 1977, « dans une zone frontière entre limon fertile et terre sans vie », cette ferme est devenue leader sur le marché des produits biologiques, du maraîchage aux plantes médicinales. « Progressivement, le désert s’est transformé en un paysage fertile, uniquement avec du compost, de l’eau et des préparations biodynamiques », poursuit Jean-Michel Florin avec admiration. Aujourd’hui, la ferme produit du coton biologique, de l'huile d’olive, des tisanes, et comprend même une école et un centre médical. Sekem a été récompensé par le « Prix Nobel alternatif » en 2003, pour sa participation au développement de la région.
Appliquée à l’agriculture urbaine, la biodynamie inspire. À Bâle, des expérimentations sont en cours sur des jardins urbains en agriculture biologique, biodynamique, et selon les principes de la permaculture, une pratique agricole soutenable et économe en énergie. « Ces expérimentations sont très intéressantes. Mais il faut se garder de tomber dans une agriculture technologique qui serait contradictoire avec l’indépendance prônée par la biodynamie. Un jardin totalement hors-sol, sur le toit d’un immeuble, ne peut pas être en biodynamie, c'est une aberration », s'emporte Jean-Michel Florin. Ce n’est pas un hasard si le premier livre du père de l’agriculture biodynamique, Rudolf Steiner, s'appelle La philosophie de la liberté. « La biodynamie implique la liberté pour chacun, l’individualisation des pratiques agricoles à partir des principes de Steiner, ainsi qu’une profonde compréhension du génie d’un lieu. »
Biodynamie vin terroir © Sekem
Biodynamie vin terroir © Sekem
Raisin Biodynamie vin terroir © Bijan Kafi
Raisin Biodynamie vin terroir © Bijan Kafi
Biodynamie en terres extrêmes vin © Bijan Kafi
Crédits photo : Sekem, Bijan Kafi
Article paru dans le numéro #4 TERRITOIRES
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