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Élodie Fondacci
Recommandation | 14 juin
9 mn
La cravate ? Vous l’avez fait l’année dernière. Les cigares ? Ses petits enfants l’ont tanné pour qu’il arrête de fumer… Comme chaque année, la fête des pères s’annonce un casse-tête inextricable. Reste un bon bouquin. Oui mais lequel ? Pluris a déniché quelques perles. Promis il y en aura pour tous les goûts.

 

Pour un père bricoleur : Vous plaisantez monsieur Tanner

Ou les aventures désopilantes de Monsieur Tanner qui, ayant hérité de la maison délabrée de son vieil oncle, décide de la restaurer de fond en comble. Las ! Le pauvre homme ne sait pas dans quel engrenage terrible il a mis le bras.

Voilà que tous les corps de métier se mettent à défiler chez lui. Maçon dément, couvreur délinquant, peintre paranoïaque, électricien russe qui prie avant d'appuyer sur le bouton électrique…

Jean-Paul Dubois enchaîne les portraits d’artisans véreux dans une chronique de chantier irrésistiblement drôle.
Vous plaisantez monsieur Tanner, Jean Paul Dubois, Points Seuil, 2006.

 

Pour un père amateur de golf : Jack Rosenblum rêve en anglais

En 1937 Jakob Rosenblum fuit l'Allemagne nazie avec femme et enfant pour s'installer en Angleterre. À compter de ce jour, il voue à la terre qui l’a accueilli une dévotion sans borne et s’emploie à devenir un irréprochable sujet de sa majesté, allant jusqu’à rédiger une liste d’habitudes anglaises à respecter à la lettre : troquer les bretzels contre les toasts, boire du thé et plus de la bière, écouter religieusement la météo sur la BBC… Jusqu’au jour où il décide de se mettre au golf, consécration qui ferait

de lui un véritable gentleman Anglais. Oui mais voilà. Aucun club ne veut accueillir ce Juif exubérant, marchand de tapis de surcroît, et on lui claque la porte au nez avec une courtoisie toute britannique. Qu’à cela ne tienne, Jack Rosenblum construira son propre green dans un coin perdu du Dorset.
Drôle et terriblement touchant.
Jack Rosenblum rêve en anglais, Natasha Solomons, Le livre de Poche, 2012.

 

Pour mon père ce héros : Total Recall

Normal pour une légende vivante du culturisme, Arnold Schwarzenegger n’a pas peur des poids, ni de celui des haltères ni de celui des mots : son autobiographie est un pavé de 657 pages, ce qui le place devant Jane Fonda, et se lit comme un roman. L’histoire du Terminator devenu Governator est en effet digne d’une bonne saga hollywoodienne. Une success story à l’américaine, mâtinée de politique, de culturisme, d’anecdotes sur le tournage de ses films. Et en plus Schwarzie livre dans le dernier chapitre ses conseils pour

réussir sa vie ! Si avec ça votre papa n’est pas ivre de joie…
Total Recall. L'incroyable et véridique histoire de ma vie, Arnold Schwarzenegger, Presses de la Cité, 2012.

 

Pour un père amateur de polars : La fille du train

Le thriller vendu à plus de 2 millions d’exemplaires à travers le monde, qui a fait événement avant même sa parution en France. Lisez-le, vous comprendrez tout de suite pourquoi Steven Spielberg en a acheté les droits d’adaptation. La fille du train, c’est Rachel : malheureuse, divorcée, borderline, un peu trop portée sur la bouteille. Depuis la banlieue où elle habite, Rachel prend le train deux fois par jour pour aller à Londres. Le 8 h 04 le matin, le 17 h 56 l’après-midi. Et à chaque fois, elle observe par la fenêtre une jolie maison en contrebas de la voie ferrée où vit un couple qu’elle

imagine parfait. Elle a même été jusqu’à leur inventer des noms, Jess et Jason. Mais un jour, elle voit la photo de « Jess » à la une des journaux. La jeune femme, qui s’appelle en réalité Megan, a mystérieusement disparu et Rachel se lance dans l’enquête. Addictif, totalement exceptionnel : si tout va bien, vous ne devriez pas voir votre père pendant deux jours et deux nuits.
La fille du train, Paula Hawkins, Éditions Sonatine, 2015.

 

Pour un père qui travaille trop : L’homme au complet gris

Chef-d’œuvre oublié de la littérature américaine republié par Belfond vintage, c’est le livre qui a inspiré Mad men. Scotch, cigarettes, jolie femme au foyer qui apporte un cocktail à son époux rentré tard, rêve d’argent et de confort… L’histoire de ce type tiraillé entre ses aspirations professionnelles et sa vie de famille dans le Manhattan des années 50 est un passionnant tableau de la société américaine d’après-guerre en pleine crise morale.
L’homme au complet gris, Sloan Wilson, Éditions Belfond vintage, 2015.

 

Pour un père américain : Les intéressants

Les intéressants, c’est le nom que se donnent, un beau jour de 1974, six copains qui passent leur été au camp de vacances de Spirit-in-the-Wood. Il y a Ethan, le petit génie de l’animation, Ash et son frère Goodman, Cathy qui rêve de devenir danseuse, Jonah le fils d'une célèbre chanteuse folk et Julie alias Jules, qui vient d’une famille modeste et observe avec admiration et une pointe d’envie ces New-yorkais bien nés, si sûrs de leur talent. Ils ont 16 ans, l’âge de tous les possibles, et ils se jurent de rester amis pour l’éternité

et de devenir « intéressants ». Dans une fresque qui balaie l’évolution de l’Amérique des années Nixon jusqu’à nos jours, on suit cette bande ironique et joyeuse sur près de 40 ans. Qu’est-ce que devenir adulte ? Pourquoi et comment trahit-on ses rêves ? La littérature américaine dans ce qu’elle fait de meilleur.
Les intéressants, Meg Wolitzer, Éditions Rue Fromentin, 2015.

 

Pour un futur père : Le retour à la terre

Zoé a fait un vide poche en boîte à camembert, et Achille a révisé à fond son Maurice Carême. Mais vous aussi vous voulez faire un geste pour le père de vos enfants. Ou le « futur » père si Achille et Zoé ne sont encore qu’à l’état d’embryons. Dans ce cas optez sans hésiter pour la BD culte de Manu Larcenet et son pote Jean-Yves Ferri. Les mésaventures de Manu et Mariette qui quittent la ville pour s’installer à la campagne. Oui, Mariette attend un bébé, alors forcément, ça donne envie le grand air, les choses simples, les

petits oiseaux… Mais pour Manu, quitter Juvisy, le béton et le bruit du Périph ce n’est pas forcément facile. Quant à devenir papa n’en parlons pas. Les angoisses d’un geek accroché à son Laurence Pernoud, ça promet de bonnes tranches de rigolades.
Plus sérieux, la sublime adaptation dessinée que Larcenet vient de faire du chef-d’œuvre de Philippe Claudel Le Rapport de Brodeck. Dans ce roman graphique d’une rare puissance, on suit Brodeck juste revenu de déportation, qui raconte l’assassinat d’un homme « der Anderer » (l'autre, l'étranger) par tous les hommes de son village. Certes c’est plus noir mais Zoé fera un cendrier avec la boîte de kleenex.
Le retour à la terre et Le rapport de Brodeck, Manu Larcenet, Dargaud, 2005 et 2015.
Crédits photo :
Article paru dans le numéro #70 SIMPLE LIFE
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