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Elen Pouhaer
Entretien | 13 février
6 mn
Depuis qu'elle a fondé Intramuros en 1985, un magazine bilingue français anglais consacré au design, Chantal Hamaide s'est imposée comme une experte reconnue dans le monde entier. En plus de la rédaction en chef du magazine, elle est aussi commissaire d'exposition. Enfin, elle prépare la remise des prix de la 6e édition du concours Design Malongo. Dans son bureau du 14e arrondissement de Paris, les murs sont tapissés de couvertures des numéros d'Intramuros. Quant aux montagnes de livres et de revues entre lesquelles on se faufile, elles reflètent la diversité de ses centres d’intérêt et son ouverture aux disciplines périphériques : architecture, photo, gastronomie…

Pluris – D’où est venue l’idée d’un magazine entièrement dédié au design ?

Chantal Hamaide – Je me suis toujours intéressée à la création, à la production des objets, des meubles sous l’angle de l’innovation et des processus de fabrication. Mais en France, dans les années 80, aucun titre ne s’intéressait au design comme valeur de l’amélioration du cadre de vie, collectif ou privé, et comme facteur de développement. Avec Thierry Houplain, directeur artistique, nous avons voulu créer une revue qui touche à tous les secteurs d’activités du design et qui met en avant les acteurs essentiels : les designers et les industriels, les événements et les initiatives. Intramuros s’implique dans l’observation et la critique d’un marché dit de niche mais international, ce qui nous a valu très vite un intérêt en dehors des frontières. Le parti pris des portraits en couverture du magazine est une façon de revendiquer des choix et d’affirmer notre autorité.
Vue des bureaux du magazine Intramuros © DR

Le design est omniprésent aujourd’hui. Ne risque-t-il pas de perdre son âme ?

Certes, la surmédiatisation du design amène beaucoup de confusions sur les métiers de ce secteur. L’émergence visible de l’activité est aujourd’hui sur le champ du meuble, et de l’édition en série limitée ou en galerie. Mais la réalité économique du secteur ne suit pas toujours, le designer n’a pas de réel statut, sa place est encore mal définie. C’est pourtant un interlocuteur indispensable : de la direction artistique à la création de produits, il est à la fois un garde-fou et un perturbateur. Son rôle est essentiel dans la société, dans les entreprises, dans la ville, dans la formation.

Comment décririez-vous les nouvelles écritures et formes du design depuis la création du magazine ?

Le design est une discipline qui se pratique à l’intérieur d’agences de design, dans le cadre de grosses structures qui ont un studio intégré, ou de façon indépendante. Ces structures répondent à des propositions à différentes échelles, initiées par des industries, des producteurs ou des commanditaires dans des secteurs très éclatés : la commande d’un tramway, la création d’un mobilier urbain, le développement de lignes de produits d’usage, le packaging, les outils... Des produits de luxe aux services.

Quels sont vos derniers coups de cœur ?

Je suis constamment dans un esprit de recherche et de découverte de talents, de compétences, d’émergences. Je peux m’enthousiasmer pour un designer, Konstantin Grcic par exemple, pour une nouvelle réalisation, le concept du tramway de Tours, pour une exposition telle que « Typorama » du designer graphique Philippe Apeloig au Musée des Arts décoratifs, pour une assiette, celle d’Iñaki Aizpitarte au restaurant le Dauphin, ou encore pour le lustre Gabriel constitué d’une succession de cabochons de cristal, réalisé par Swarovski et dessiné par Ronan et Erwan Bouroullec, installé au Château de Versailles.

Comment envisagez-vous l’avenir d’Intramuros ?

Son développement passe d’abord par le numérique. Nous venons de créer une application pour le magazine, une autre sortira début janvier 2014 pour notre Guide Design Paris : elle indiquera la géo-localisation des 300 adresses où designers et architectes sont intervenus. Parmi les nombreux projets en cours, le hors-série Best of Design édition 2014-2015 paraîtra en janvier prochain, à l’occasion du salon Maison & Objet, et réunira une sélection de 1500 références, mobilier et luminaires produits par l’industrie internationale. C’est un outil unique et exceptionnel pour les prescripteurs et les architectes. Enfin, nous diversifions nos activités avec l’organisation d’événements et d’expositions, qui pérennisent les liens avec nos lecteurs professionnels et grand public.
Crédits photo : DR
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63 rue Daguerre
75014 Paris - France

+ 33 1 42 03 95 95
Article paru dans le numéro #6 FRONTIÈRES
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