Fermer
Tiphaine Illouz
À savoir | 2 février
6 mn
Serré au creux du cou en version rockeuse, noué comme un chèche ou posé en fichu sur les cheveux, le foulard a une grande qualité, selon Barbara Agnès, styliste de textiles aériens : « Il peut être porté par toutes les femmes, quels que soient leur taille et leur style. C’est un accessoire léger comme un souffle, qui ne dicte rien et ne juge pas. » Recevant l’équipe de Pluris dans son atelier, elle nous présente quelques-unes de ses créations.
Le carré « Love », par exemple, un foulard en satin de soie, reprend les motifs psychédéliques des années 60 avec des nuances douces de rose, de rouge et de bleu clair. Une vraie déclaration d’humour. L’illustration de « With Love », un autre carré en soie et coton imprimé à la main au Rajasthan, évoque des paysages de Californie à la façon d’une xylographie japonaise. Barbara désigne sur un de ses bords le numéro dessiné à la main par l’artisan, preuve de sa production en série très limitée.
Le foulard Clotilde, lui, est une belle pièce en satin de soie Golden Cognac. Pour le réaliser, Barbara s’est inspirée des cols opulents des femmes européennes du XVIIe siècle. En jouant avec la taille des motifs, elle a réussi à donner à la pièce du volume, un effet renforcé par le choix des couleurs audacieuses, comme le rose très féminin.
« J’aime les juxtapositions surprenantes, comme le bordeaux, une couleur classique, associée à un jaune canari et un rose ‘bubble gum’. La combinaison devient alors très contemporaine et très fraîche » , confie cette diplômée de la prestigieuse Central Saint Martin School. Comme en pâtisserie, où le dosage des ingrédients est primordial, une belle harmonie se doit d’être juste et profonde : si le dessin fait naître volume et mouvement, la couleur signe la personnalité de chaque foulard, qu’il soit noué en triangle, en tour de cou, ou en nœud lavallière. Ce procédé permet un choix illimité de nuances.

Contours, pleins et déliés

Quant à l’inspiration, c’est une quête sans fin. « Je dessine sans cesse. Mes collections s’inspirent de Pina Bausch, de Kate Bush, du Velvet Underground. Tout ce qui se passe autour de moi, les expositions, les films, je le capture », s’enthousiasme Barbara. Quand l’idée devient plus précise, elle s’empare de son stylo plume, qui ne la quitte jamais, esquisse les contours, et jongle avec les pleins et les déliés : « Dessiner intégralement un foulard, c’est une opération délicate et fastidieuse, et c’est autrement plus difficile que la simple découpe dans un rouleau de tissu pré-imprimé. » Dans un grand carnet à dessins, mémoire vive de son inspiration, elle conserve des dizaines de croquis.
À partir d’un même dessin, elle fait naître cinq créations, dont les arrangements, agencés sur ordinateur, sont déclinés en plusieurs harmonies de couleurs. « Je fais imprimer un exemplaire de chaque tonalité pour m’assurer de leur justesse, car la couleur est l’un des paramètres essentiels. » Ensuite elle retient une sélection de modèles qu’elle présente ensuite aux acheteurs lors d’événements comme la Fashion Week de Paris.

Roulottés à la main

Sauf exception, les foulards sont imprimés numériquement en Angleterre sur des soies de première qualité, la matière de prédilection de Barbara. Lorsqu’elle souhaite un fini plus casual, elle utilise des mélanges soie-coton, et testera la saison prochaine des pièces à base de modal.
Les foulards sont ensuite renvoyés en France pour être façonnés. Mais là où ses concurrents cèdent souvent à la facilité de la machine, Barbara, maniaque du détail, veille scrupuleusement à exécuter toutes les finitions à la main : « La qualité d’un foulard se juge à sa très belle soie et à son impression précise, mais aussi à ses finitions impeccables : les bords sont roulottés, c’est-à-dire ourlés, à la main. J'ai choisi de garder visible le roulottage, car c’est une finition singulière. »
Ultime personnalisation, une perle d’eau douce est cousue à une extrémité de chaque foulard, qui est présenté dans un luxueux écrin de soie ou de coton. « Un foulard, c’est comme un bijou. C’est pourquoi je tiens à signer chacun d’eux d’une manière unique, pour rendre hommage au luxe et au travail artisanal, qui sont devenus rares aujourd’hui. »
Crédits photo : Barbara Agnès
Bonnes adresses
2 rue de Provence
75009 Paris - France
Article paru dans le numéro #10 SOIE
Recevoir le magazine Inscrivez-vous pour recevoir chaque semaine l'essentiel de la culture, du business et de l'art de vivre.
Fermer
Pour l'amour de soie à un ami.
(*) Obligatoire
Fermer
Modifiez votre mot de passe
Fermer
Veuillez saisir votre identifiant
Fermer
Fermer
Bienvenue sur Pluris
Inscrivez-vous pour rejoindre
la communauté Pluris et recevoir chaque semaine le magazine.
Créer un compte avec un email
Bienvenue sur Pluris
, complétez le formulaire pour terminer votre inscription.