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Timothée de Rauglaudre
Recommandation | 24 nov.
3 mn

Irishman in Urban blues
Les prières blues-rock du premier album d'Hozier.

Andrew Hozier-Byrne © DR
Andrew Hozier-Byrne © DR
Chanteur en herbe né en 1990 à Bray en Irlande, Hozier, de son vrai nom Andrew Hozier-Byrne, a produit ses premiers morceaux par ses propres moyens avant de s’associer au producteur Rob Kirwan. Son père, batteur professionnel de blues, l’a élevé au son du Chicago blues et du Delta blues, avec les Blues Brothers en guise de Disney.
Take Me to Church, le tube de cet autodidacte à la guitare, au piano et à l’harmonica, a été brinquebalé d’un réseau social à l’autre depuis 2013, avant de se hisser au rang de phénomène Internet. Tout comme son clip qui, à travers une sombre histoire en noir et blanc, dénonce les violences dont sont victimes les homosexuels, notamment en Russie.
C’est le premier titre de son premier album éponyme, sorti dans les bacs le 6 octobre dernier, alors qu’il revenait tout juste du festival Rock en Seine où il a conquis son public. Dès le début, la parenté vocale avec James Blake fait sourire, avant que le style propre de Hozier s’affirme. L’ensemble de l’album est un véritable voyage spirituel progressif : si le premier morceau et ses accords plaqués de synthé peuvent laisser présager un downtempo à la sauce gospel, on assiste dès les morceaux suivants à une montée en puissance vers un rythme plus marqué, à dominante blues-rock, pour redescendre en fin de course vers une série de ballades folkisées, dont la dernière est carrément enregistrée en live à la guitare folk.
En bon Irlandais, Hozier dépeint une fresque biblique décalée, comme une Cène délocalisée sur les rives du Mississipi en compagnie des fantômes du chanteur, d’horizons divers : Otis Redding et Billie Holiday lui ont légué le velours soul qui fait le charme de sa voix, James Joyce et Oscar Wilde , leur sens du phrasé dans la langue de Shakespeare. Son propre style, il le décrit comme du blues du 21e siècle, de l’Urban blues dans la lignée des Black Keys.
Enfant illégitime du blues et de la chrétienté, Hozier s’approprie le caractère spirituel et sexuel du blues : « Take Me to Church est un euphémisme. Ça parle, en un sens, de spiritualité, mais surtout d’humanité et de sexualité. » Le jeune bluesman irlandais n’a pas fini de surprendre.
 © DR
Crédits photo : Norbert Hech, DR
Article paru dans le numéro #44 VIVACES
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