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Plaisirs d’essence au Grand Palais
Quelques fleurons de l’histoire de l’automobile étaient rassemblés au Grand Palais le 6 février 2014 pour une vente aux enchères rutilante. Pluris avait apporté sa peau de chamois.

Énée du Giraud
Reportage | 6 mars
4 mn
Moteur ! En ce frais après-midi de février, les divas qui se pavanent dans la nef immense du Grand Palais n’exhalent pas le parfum suave et délicat des stars de cinéma, mais plutôt les vapeurs d’essence. En revanche, elles portent le cuir avec la même suprême élégance que leurs consœurs hollywoodiennes.
Pour admirer ces œuvres d'art, il fallait un sésame précieux : le Bonhams bidder. En effet, la célèbre maison anglaise Bonhams avait organisé au Grand Palais une vente aux enchères qui comprenait 150 automobiles anciennes, dont plusieurs modèles exceptionnels : une Bugatti 35B construite en France en 1929, une Delage D6 3 litres compétition de 1947, une belinette Ferrari 275GTB/4 de 1968…
Heureusement, le téléphone et Internet n’ont pas eu raison des ventes aux enchères physiques, et de nombreux passionnés font le déplacement. Les carrosseries nobles, les mécaniques majestueuses, les jantes à rayon chromées font écho à la sublime verrière du Grand Palais. Et sous le marteau du commissaire-priseur émérite James Knight, à la tête du département Véhicules de Bonhams (il a notamment vendu la plus ancienne Rolls-Royce encore en circulation), ces sculptures de métal s'arrachent aux enchères.

BELLE À LA GRANGE DORMANT

On les imagine parées et rutilantes, et pourtant… Le Graal de l’enchère, c’est le barn find, littéralement trouvé au fond d’une grange à l’abandon, n’attendant qu’une restauration patiente et amoureuse. La vigilance est de mise, car il en est des voitures de collection comme des grands crus : le mythe inspire souvent les fraudeurs, et un véhicule au pedigree douteux ou inavouable peut habilement être maquillé d’une épaisse couche de poussière, et affublé d’une légende rurale du type « oublié dans la grange de mon grand-oncle, état d’origine ».
Mais Bonhams est une maison sérieuse, ce qui permet un émerveillement sans (prix de) réserve à la vue de ce coupé Facel Vega II : assemblé en 1962 dans les Forges et Ateliers de Constructions d'Eure-et-Loir qui lui ont donné son nom, il a parcouru pendant quelques années les routes du Minnesota, dont il exhibe fièrement l’immatriculation, avant de sombrer tel une belle au bois dormant dans une torpeur de quatre décennies. Jusqu'à ce qu'un prince mécanicien lui fasse à nouveau traverser l’Atlantique pour le plus grand plaisir des visiteurs.
Le marteau qui frappe le clap de fin de la journée lance le ballet des camions qui achemineront ces reines de beauté vers leurs soupirants comblés, quoiqu’un peu délestés. Auprès d’eux, elles poursuivront leur vie dans des paddocks que l'on espère imprégnés d’odeurs de graisse suintante, de caoutchouc brûlé… et d’essence.
Crédits photo :
Article paru dans le numéro #13 ESSENCE
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