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Julien Tissot
Évasion | 11 mars
5 mn

Taxis des îles
Aux Maldives les taxis ne bloquent jamais le périphérique.

Sur le lagon bleu turquoise de l’atoll de Faafu, au cœur de l’archipel des Maldives, un hydravion bimoteur de la Trans Maldivian Airways se pose avec précaution pour accoster la barge d’un hôtel de luxe. Huit touristes descendent, suivis par les pilotes. Le ciel est sans nuage et le mercure affiche 30 degrés à l’ombre.
Short bleu marine, chemise blanche impeccable et… paire de tongs aux pieds. Arzan Mussaf, 42 ans, n’a pas le profil attendu du pilote d’avion, encore moins du chauffeur de taxi. Il sillonne pourtant tous les jours cet immense archipel composé de 1200 îles, et qui s’étend sur 21 000 km2.

PILOTE AUX PIEDS NUS

« La plupart des passagers sont des touristes en mal de dépaysement, que je dépose sur des îles-hôtels. Ils gardent le nez collé au hublot, subjugués par la vue, mais pour moi c’est la routine », s’amuse-t-il en relevant ses lunettes de soleil. Il est tellement à l’aise qu’il lui arrive de piloter pieds nus. « Ça surprend beaucoup les passagers. »
Ça fait maintenant cinq ans qu’Arzan transporte des jeunes mariés en villégiature, des hommes d’affaires ou même des écoliers. Il habite à Malé, la capitale surpeuplée des Maldives, avec sa femme et son fils de sept ans. Son emploi du temps est réglé comme du papier à musique. Debout très tôt, il prend le premier bateau du matin pour atteindre l’aéroport international Ibrahim Nasir, à 45 min de chez lui, où atterrissent chaque jour des centaines de touristes en provenance du monde entier.
Son job : assurer la liaison entre l’aéroport et les nombreuses îles. Son premier décollage a lieu vers 7h30 et il enchaîne une dizaine de vols dans la journée. « La plupart de mes trajets durent 30 min en moyenne. Ce qui surprend souvent les passagers, c’est le bruit, alors je leur propose des boules Quiès », lance-t-il sur un ton goguenard, comme s’il voulait faire croire que sa vie quotidienne ressemble à celle d’un chauffeur de taxi.

HYDRAVIONS DESSALÉS

Fondée en 1989, la Trans Maldivian Airways, son employeur, possède une flotte de 44 appareils, des De Havilland Twin Otter. « Ces hydravions ont besoin d’un entretien régulier. Tous les trois ans, ils sont rentrent au Canada pour être démontés et dessalés », explique Arzan. Parmi les 155 pilotes de la compagnie, on compte d’ailleurs un contingent important de Canadiens venus chercher un peu d’exotisme, comme Zachary, un de ses collègues au look de surfeur, originaire du Québec.
Lorsqu’on lui demande de livrer quelques anecdotes sur son métier, Arzan se fait prier : « J’ai transporté des stars de cinéma, des artistes et même quelques hommes politiques, qui fuient les paparazzis, et viennent chercher ici la discrétion », mais il refuse d’en dire plus.
Ses allers-retours se passent généralement sans encombres. « Parfois un petit vent de travers souffle, alors les amerrissages sont un peu mouvementés, mais je n’ai jamais eu de gros pépin », lâche-t-il avec un air faussement blasé. Il aime son job et son pays, mais à la fin de la conversation, il ne peut s’empêcher de soupirer : « Paris me fait rêver, j’adorerais visiter une ville avec autant de monuments. »
17h45. Le soleil disparaît derrière l’horizon dans un feu d’artifice de couleurs chaudes. Arzan ne le voit pas. Pour lui, c’est juste la fin de la journée et l’heure de rentrer chez lui.
Crédits photo :
Bonnes adresses
Ibrahim Nasir International Airport
P.O. Box 2079
Malé - Maldives
Article paru dans le numéro #14 MOBILE
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