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Ombeline Duprat
À savoir | 11 mars
5 mn
« Je voudrais faire des Mondrian qui bougent », rêvait Alexander Calder. En 1930, l’artiste américain se détourne de la sculpture figurative pour se consacrer à une sculpture abstraite. L’idée lui est venue en découvrant la peinture de Mondrian, et elle s'incarne dans ses « mobiles », un terme inventé par Marcel Duchamp pour qualifier l'une de ses premières œuvres motorisées.
Les mobiles de Calder questionnent le mouvement et l'équilibre grâce à une grande maîtrise des éléments physiques. L’artiste invente ainsi une nouvelle forme d’abstraction, où le mouvement devient un matériau à part entière, et qui à la problématique qu’il avait soulevée : « Pourquoi l’art doit-il être nécessairement statique ? » Ses recherches le poussent à créer des sculptures linéaires en fil de fer à mouvement libre, puis des mobiles motorisés et sonores, marquant de leur sceau la révolution qui s'opère dans l'art de la sculpture.

LE MOUVEMENT, MATÉRIAU À PART ENTIÈRE

Le mobile, c’est une structure composée de fer ou d'acier, suspendue ou présentée sur un socle, motorisée ou à mouvement libre. Il se caractérise par l'élégance de l'épure et l'harmonie d'une palette constituée de rouge, de blanc et de noir. Les arcs en métal soutiennent des formes colorées confectionnées à partir de feuilles de tôles peintes formant des formes géométriques planes, et reliées à la structure par de la ficelle ou des bouts de fil de fer. En cherchant à « faire quelque chose qui ait une vie à soi » , Calder rompt avec la sculpture traditionnelle faite principalement de bronze, matériau lourd et solide. Ainsi que le souligne Béatrice Léal, commissaire de l’exposition Calder, les années parisiennes au Centre Pompidou, l’œuvre de l'artiste est de « l’anti sculpture ».
Les mobiles à mouvement libre sont régis par des lois physiques où le toucher anime la mise en tension de l’œuvre. Selon les principes de l’art cinétique, un courant d’air suffit à l’œuvre d’art pour se mettre en action. Calder crée également des mobiles motorisés, équipés d'un moteur électrique ou d'une manivelle tel que Untitled (1931), où la mise en mouvement de deux sphères noires se fait par un mécanisme intégré. En parallèle, sous l’influence du compositeur Edgar Varèse, Calder imagine des sculptures sonores, ébauches de ses installations et sculptures musicales.

DES MOBILES COSMIQUES

En suspendant ses mobiles pour les libérer de la pesanteur, Calder amplifie leur capacité de mouvement : les mobiles atteignent une dimension cosmique, qu’il appelle « le grand espace ». Par leur forme ronde et leur couleur sobre, gravitant dans une dimension qui leur est propre, certains ressemblent à des représentations miniatures de l’univers. En 1933, le critique Anatole Jakosvky qualifiait l’atelier de Calder de « rendez-vous des planètes » : il percevait chez l’artiste la faculté de rendre avec talent « l’arrivée, les départs et les gravitations des planètes et de leurs satellites ».
Les œuvres de Calder sont à la fois poétiques et cosmiques : la science s’y substitue à l’art, et l’art fait oublier le geste créateur de l’artiste à la recherche du mouvement permanent.
Crédits photo :
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75004 Paris - France

+33 1 44 78 12 33
Article paru dans le numéro #14 MOBILE
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