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Tiphaine Illouz
À savoir | 13 juin
6 mn

Chasseur d'essences
Dominique Davenne cherche, et trouve, les huiles essentielles les plus expressives.

 © Droits réservés
Champ de lavande © Droits réservés
Immortelle © Droits réservés
Bois de casier © Droits réservés
Camomille romaine © Droits réservés
Régulièrement, Dominique Davenne explore les quatre coins du monde pour acheter les plus belles huiles essentielles.
En Australie, par exemple, il trouve du santal, du cyprès bleu, et du fragonia, et en Crimée, de la sauge sclarée et de la lavande. Sans oublier la France, où poussent le bois de cadier, la camomille romaine, la mélisse, ou le lavandin : « Certaines huiles sont cultivées et récoltées en France, comme le cyprès de Provence. Mais le plus souvent, il faut se déplacer. Parfois, certaines grandes maisons font aussi venir des matières difficiles à travailler pour les extraire dans les conditions les plus optimales : par exemple les gommes, la myrrhe, les encens. »
Avec Henry Rosier, il a fondé près d’Avignon le laboratoire Rosier-Davenne, qui a fêté ses vingt ans le 1er avril dernier. Sur cinq hectares, les deux complices cultivent l’immortelle, la mélisse et le thym en agriculture biologique pour en extraire des huiles essentielles.
« Les huiles se définissent par leur procédé d’obtention, ce qui est rare dans les objets matériels le plus souvent définis par une fonction, ou une forme. Une huile est obtenue soit par entraînement à la vapeur d’eau, soit par ‘expression’, c’est-à-dire dans le cas des agrumes par grattage. » Une fois extraites, ces huiles seront surtout revendues à l’industrie cosmétique, pour des crèmes visage et des savons, et aux pharmacies d’officine, qui font des préparations magistrales).

BELLES HUILES[/P#] Pour les choisir, le nez parle, avant tout. Ça n’est pas un hasard si, avec le goût, ce sont les deux sens les plus développés chez Dominique Davenne. « Plus jeune, j’ai même remporté un concours de reconnaissance olfactive, ce qui m’avait valu de remporter six bouteilles d’un mauvais mousseux allemand », plaisante-t-il. Une huile essentielle doit avant tout répondre à des critères organoleptiques : odeur, aspect, et couleur. « Tout de suite, je la sens pour voir si elle n’a pas de descriptifs péjoratifs : odeur de brûlé, d’herbe, si elle est piquante. Puis la couleur et la texture doivent être constantes et équilibrées : ne pas passer du marron au jaune, ou du très fluide au visqueux. »

Après ce premier ressenti, des analyses quantitatives complèteront le tableau, pour s’assurer de la présence de certaines molécules dans les normes des pharmacopées françaises et européennes. « Se rendre sur place est une nécessité : c’est l’occasion d’observer l’état d’un verger, de savoir à qui il appartient, d’évaluer la qualité des équipements, et de voir si le personnel à l’air heureux. La dimension humaine est essentielle quand on travaille avec du vivant. »

COMPLEXITÉ VIVANTE

Un même fruit, ou une même plante, peut donner plusieurs huiles essentielles. « L’oranger amer, par exemple, donne le néroli à partir de ses fleurs, le petit grain bigaradier avec ses feuilles et petits fruits, et l’essence d’orange amère à partir du zeste des gros fruits. »
Très liée aux saisons, la quantité d’huile essentielle extraite dépend de la période de la récolte de la plante : immortelle en juin, lavande de en juillet et août, chaque plante obéit à un calendrier, et il est essentiel de respecter le temps optimal de récolte.
Les huiles essentielles ne font pas que sentir bon : elles sont aussi actives, et peuvent soigner. « Leur activité ne se retrouve pas dans les molécules de synthèse, et elles donnent parfois des résultats spectaculaires dans des situations d’échec thérapeutique à répétition. »

Les 3 plus belles découvertes de Dominique Davenne :

 Le Bois de Cadier
« J’ai été le premier à le mettre sur le marché de manière significative pour ses propriétés anti-inflammatoire et antipelliculaire, même s’il a été décrit dès les années 1910. »
 L’immortelle
« Je la connaissais depuis toujours, et l’Occitane m’a demandé d’en démontrer les propriétés anti-âge. Toutes les immortelles sont italiennes (Helichrysum italicum), mais le matériel végétal est très variable. Les plus belles qualités d’immortelle sont sauvages, et situées sur les hautes montagnes de Corse, mais quasiment en disparition. Des bergers corses l’ont mise en culture à partir de la graine sauvage, et ce sont des petites plantules de quelques centimètres que l’on a installé dans notre jardin à Montfavet. Le profil était magnifique, mais elles n’ont pas résisté à l’hiver il y a deux ans. »
 Cédrol
« Un actif minceur très intéressant, qui a une action lipolytique, c’est-à-dire qu’il fait fondre les graisses. »
Crédits photo : Droits réservés
Bonnes adresses
789 venue de Sainte-Catherine
84140 Montfavet - France
Article paru dans le numéro #27 EXILS
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