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Diego Dubois
News | 8 avril
4 mn

Planer avec une voile et deux coques
Vive les années foils ! Après l'America's Cup, les kitefoils débarquent sur les plages.

Avant, c’était facile pour les yachtmen du dimanche de se prendre pour des Fangio de l’America’s Cup : avec leur monocoque, leur voile souple et leur pont étroit, ils pouvaient atteindre des vitesses respectables. Mais l’année dernière, l’America’s Cup a franchi un cap : elle n’a plus rien à voir avec les activités pépères d’un yacht-club.
J’étais à San Francisco pour la dernière course, en septembre 2013. Je m’étais mis au Ford Point, pile sous le Golden Gate. Et là, j’ai vu des bateaux filer à une vitesse incroyable. Les plus rapides étaient les hydrofoils AC72 de l’Oracle Team USA, qui appartient à Larry Ellison, le PDG d’Oracle, et de l’Emirates Team New Zealand : de purs bolides. Ce sont des catamarans de 22 mètres avec une voile rigide de 40 mètres de haut – soit la longueur d’une aile de Boeing 747. Leurs foils rétractables sont de vraies ailes d’avion qui réduisent la traînée et augmentent la vitesse.
Dès que les AC72 atteignent 20 nœuds (40 km/h), ils déjaugent : leurs deux coques s’élèvent au-dessus des vagues, comme si elles planaient. Mais ils peuvent aller jusqu’à 47 nœuds (80 km/h), près de trois fois la vitesse du vent – le record a été battu par l’Hydroptère, un hydrofoil avant-gardiste français, avec une vitesse de 53 nœuds, soit 100 km/h. Ça peut sembler incroyable qu’un bateau de sept tonnes aille plus vite que la force qui le propulse, mais c’est le même principe qu’un avion qui décolle : avec sa surface de 260 m2, la voile rigide offre une excellente prise au vent et utilise la force de poussée pour accélérer et s’élever.
En franchissant le Golden Gate, les bateaux donnaient l’impression de léviter sur l’océan comme des funambules. Depuis la côte, c’est à peine si j’apercevais leurs gouvernails et leurs dérives, je n’'en croyais pas mes yeux : on aurait dit des effets spéciaux en live. J’imagine la fébrilité à bord quand le bateau commence son ascension.
Aujourd'hui, tout le monde peut se mettre au foil, car il s'adapte aux planches de surf. C’est nouveau, ça vient juste de sortir chez le fabricant français AlpineFoil, et ça s'appelle un kitefoil, c'est-à-dire un hydrofoil tracté par un cerf-volant, avec des sensations entre le snowboard en poudreuse et le vol libre. Vivement l’été : moi aussi, je veux être « high on the ocean ».
Crédits photo : Pierre Orphanidis
Article paru dans le numéro #18 OVERDOSE
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