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Bartosz Jakubowski
News | 23 avril
4 mn

Musique pour plaaner
Nicolas Jaar, nouveau génie de la musique électronique, en livre une interprétation très personnelle.

Écouter Nicolas Jaar, c'est avancer à l'aveugle, dans une pièce sombre et enfumée, aux murs de velours, assez haute de plafond pour qu'un lointain écho donne à sa musique une couleur d'infini. Ce jeune musicien américano-chilien éduqué en France est un animal singulier dans le paysage musical contemporain. Sa musique électronique, éclectique et psychédélique, planante presque, est reconnaissable entre mille. En trois ans à peine, il s'est déjà produit à l'Olympia, en mars dernier, avec le bassiste Dave Harrington, son partenaire dans le duo Darkside, et à l’Art Basel de Miami. Il écume aussi les grands festivals de musique électronique, Sonar, Boiler Room, Pitchfork, et a déjà créé son propre label, Clown & Sunset.
Space is the Only Noise, son premier album, est sorti en 2011. Il a été immédiatement reconnu par les plus grands, tant sa musique semble provenir d'une autre galaxie. Sa musique exigeante, pointue, n’est pas de celles que l'on entend en boîte de nuit. Rires d'enfants, crissements de portes, gouttes d'eau qui tombent ou vagues qui refluent sur le rivage : Nicolas Jaar s'est inspiré d'un autre talent chilien, Ricardo Villalobos, auteur de l'excellent album Thé au Harem d'Archimède, pour ses sons étranges. Les Pink Floyd, eux, lui ont légué leur profondeur, envoûtante, minimaliste, fantasmagorique, expérimentale.

DANS SON JAARDIN SECRET

La force de Nicolas Jaar tient dans son originalité et ses influences riches et variées. D'une culture aussi riche qu'éclectique, il mêle avec génie plusieurs influences : jazz, musique classique, littérature comparée qu'il a étudié à la prestigieuse université Brown, à Rhode Island, et cinéma grâce à son père cinéaste. La voix suave de Ray Charles, par exemple, se mélange au poème surréaliste Pour Compte de Tristan Tzara, et aux lancinants rythmes électroniques. Indigeste ? Avec I got a woman, embarquez pour un voyage onirique. Pour visiter l’Amérique Latine, Mi Mujer sera un excellent guide. Pour quitter la planète Terre, enfilez le scaphandre de Space is the Only Noise You Can See.
Sa force tient aussi dans son état d'esprit, celle d'un ardent défenseur de la musique indépendante. Il a prévenu qu'il ne signerait jamais chez une major, comme un pied de nez à un duo de musiciens français mondialement connus. Le duo Darkside s’est d’ailleurs rebaptisé Daftside le temps d’un album qui remixe en intégralité Random Access Memories, l’album des Daft Punk.
Très cultivé, capable de synthétiser ses différentes inspirations, Nicolas Jaar s’amuse, imagine, recrée, sorte de Pic de la Mirandole de la musique électronique. Souhaitons au DJ de vivre plus longtemps que le philosophe humaniste !
Crédits photo : NRK P3 - ARTE - La Blogothèque - Télénantes
Article paru dans le numéro #20 RACCORDS
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