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François Delaroière
À savoir | 8 mai
6 mn

Quand Pu Er rencontre Pétrus
Dégustation historique pour anniversaire diplomatique.

Maître Tseng, Jean-Claude Berrouet, © Martin Fraudreau
Maître Tseng, dégustation, Bordeaux, Vins, Thé, Grand cru, Pu Er © Martin Fraudreau
Maître Tseng, dégustation, Bordeaux, Vins, Thé, Grand cru, Pu Er © Martin Fraudreau
Jean-Claude Berrouet, ancien œnologue de Pétrus, © Martin Fraudreau
Maître Tseng © Martin Fraudreau
Maître Tseng, dégustation, Bordeaux, Vins, Thé, Grand cru, Pu Er © Martin Fraudreau
Jean-Claude Berrouet, ancien œnologue de Pétrus © Martin Fraudreau
Maître Tseng © Martin Fraudreau
Comment célébrer de façon originale les 50 ans de relations diplomatiques entre la Chine et la France, deux pays au richissime patrimoine gastronomique ? En organisant une dégustation croisée de leurs boissons nationales, le thé et le vin. Deux experts ès thé et vin, Yu Hui Tseng, qui a depuis vingt ans redonné au thé chinois ses lettres de noblesse, et inspiré une nouvelle façon de le boire, et Jean-Claude Berrouet, ancien œnologue de Pétrus, se sont retrouvés dans les chais de Pétrus puis le lendemain à la Maison des trois Thés à Paris, pour déguster successivement des vins de Bordeaux et des thés Pu Er.
Soyons juste : Yu Hui Tseng, plus connue sous le nom de Maître Tseng, ne s’est pas rendue dans le terroir de Pomerol en tant qu’œnophile ingénue. C’est le monde du vin, dont Philippe Faure-Brac, meilleur sommelier du monde 1992, qui a le premier reconnu la dimension exceptionnelle du thé parmi les liqueurs de bouche nobles, à travers la précision implacable et la poésie de ses dégustations.
Dans ses rencontres avec le vin, Maître Tseng a vu un parallèle évident avec une famille de thé longtemps sous-estimée qu’elle appréciait particulièrement, les Pu Er. En créant des conditions idéales d’élevage et d’évolution dans le temps, et en introduisant la notion de millésime, elle a donné aux grands Pu Er la possibilité de se mesurer d’égal à égal avec les grands crus.

Complicité instantanée

Très attaché à la notion de terroir, Jean-Claude Berrouet, qui a vinifié Pétrus pendant 44 ans, a tenu à proposer à Maître Tseng une expérience inhabituelle à travers la dégustation du millésime 2012 de Pétrus : «Il est en cours d’élevage et sera mis en bouteille en juin prochain », explique-t-il. « C’est une expérience amusante car on n’a jamais l’occasion de goûter les grands vins dans cette période, quand ils sont dans leur jeunesse, dans leur fraîcheur. »
Une complicité se dessine instantanément quand Maître Tseng, très concentrée, entre dans l’intimité du vin avec passion. Très vite elle déniche des notes comme la violette, qui ne se décèle en général qu’à la maturité, après de longues années en bouteille. Puis les évocations fusent : « amandes grillées… gousses de vanille pas encore décortiquées et légèrement chauffées… léger parfum de fleur comme la Kolkwitzia amabilis… côté un peu poudré… griotte séchée… beaucoup de fruits qui présagent un vin très gourmand… parfums de graines de carottes… notes presque végétales… quelque chose entre navet et panais, mais assez léger, presque sous forme de vapeur… »
Maître Tseng, dégustation, Bordeaux, Vins, Thé, Grand cru, Pu Er © Martin Fraudreau
Maître Tseng

Terroirs exceptionnels

Les deux experts ne font pas dans la surenchère. Jean-Claude Berrouet avait choisi un itinéraire parmi les terroirs du Bordelais. Maître Tseng, elle, avait remonté le temps sur le même terroir exceptionnel de Yi Wu avec des millésimes de 2011 jusqu’aux années 60. Des ponts sont jetés entre les deux univers : les tanins, leur qualité, leur forme, leur douceur, leurs différentes couches, leur évolution vers l’élégance d’un fondu, les arômes de fruit, de fleurs, la rondeur, le gras, mais également l’accompagnement de la nature dans le travail de l’œnologue comme dans celui du maître de thé.
Jean-Claude Berrouet parle du vin qu’il produit sur les coteaux de son Pays Basque natal : « La nature nous récompense de temps en temps quand on l’aime, qu’on la respecte, et qu’on la laisse s’exprimer. » Yu Hui Tseng observe les feuilles qui reprennent vie au contact de l’eau chaude : « La nervure est tellement forte. Ce sont vraiment les théiers séculaires qui donnent ça, quand ils sont nourris par l’énergie de la terre, de la planète. Et ça s’exprime par la beauté de feuilles comme celles-ci. » Pour cet anniversaire, dans la quiétude des chais et de la maison de thé, l’émotion est au rendez-vous.
Les deux dégustations se sont déroulées sous l’œil discret de la caméra de Martin Fraudreau, dont le film qu’il en a tiré sera présenté à la fondation Yi Shu Ba à Pékin du 18 mai au 30 juillet 2014, dans le cadre de l’exposition « Une passion partagée : le Thé et le Vin, Pu Er et Bordeaux ». Plus de 500 000 visiteurs sont attendus. Il sera diffusé en France du 12 au 14 septembre au château de la Celle Saint-Cloud et aux Galeries Lafayette du 3 décembre au 4 janvier.
Crédits photo : Martin Fraudreau
Article paru dans le numéro #22 PANGÉES
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