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Béatrice d'Erceville
Reportage | 8 mai
4 mn

Street art porteño
À Buenos Aires, tout le monde veut son mur peint.

Street Art, Buenos Aires © Béatrice d'Erceville
Street Art, Buenos Aires © Béatrice d'Erceville
Street Art, Buenos Aires © Béatrice d'Erceville
Street Art, Buenos Aires © Béatrice d'Erceville
Street Art, Buenos Aires © Béatrice d'Erceville
Street Art, Buenos Aires © Béatrice d'Erceville
Street Art, Buenos Aires © Béatrice d'Erceville
Street Art, Buenos Aires © Béatrice d'Erceville
Street Art, Buenos Aires © Béatrice d'Erceville
Deux yeux empreints de nostalgie dans un visage ridé. Un cheval à l’assaut du sommet d’un immeuble. Des hiéroglyphes crypto mathématiques. Des messages révolutionnaires… A Buenos Aires, les murs ont pris la parole, vibrionnant de couleurs et de graphismes qui racontent l’histoire de la ville et de ses habitants.
Célébrissime pour son tango, la métropole qui se veut la « capitale culturelle de l’Amérique du sud » se passionne aussi pour les échappées les plus avant-gardistes. Au point que des circuits touristiques se montent pour faire découvrir cet art si singulier, en particulier dans les quartiers populaires de Collegiales et de Palermo.
Officiellement, le street art est interdit. Officieusement, il est toléré sur les espaces publics. Et surtout encouragé par les habitants qui adorent voir leurs façades décorées d’illustrations pétantes de couleurs. A l’image de ce propriétaire de garage qui, admiratif devant les œuvres peintes sur la maison d’en face, a demandé les mêmes sur sa devanture. Stimulés par cet accueil, les artistes avancent à découvert, signant leurs œuvres de leur nom et indiquant même les coordonnées de leur site web.

LIBERTÉ RETROUVÉE

Le mouvement a gagné Buenos Aires à la fin de la décennie 80, une dizaine d’années après avoir fleuri dans les grandes métropoles nord américaines. « En Argentine, il n’est pas associé au vandalisme ou à aux guerres de gangs comme aux Etats Unis, souligne Ana, guide pour l’association Graffiti Mundo. Ici, les graffitis ont surtout explosé avec la fin de la dictature militaire. Ils sont considérés comme l’expression d’une liberté retrouvée, un art qui veut communiquer avec le monde. Par la suite, lorsque l’économie s’est effondrée, ils ont exprimé la colère de la classe moyenne devant la corruption qui minait le pays. » Une des icones du street art « porteño » dont les reproductions au pochoir ornent d’innombrables murs : l’Eternaute, un personnage de science fiction créé par le scénariste de BD Hector Oesterheld, un « desaparecido » de 1977 dont le corps n’a jamais été retrouvé.
Depuis, les œuvres se sont multipliées, générant un courant pictural à part entière avec ses tendances, ses styles, ses vedettes et ses nouveaux venus. Peinture acrylique, pochoir, spray, toutes les techniques cohabitent. Les artistes n’hésitent pas à travailler ensemble, voire à s’inviter sur les œuvres d’un confrère. Tout est permis dans cette discipline par nature éphémère. A côté des stars que sont Juanito avec ses teintes flashy orange et jaune, Jazz auteur de gigantesques taureaux, Ferrara ou Pum Pum (une des rares femmes), se glissent des inconnus. Comme ce père de famille qui, empêché par la justice de voir ses enfants, leur a adressé des messages d’amour « Te amo » sur le trajet de l’école…
Crédits photo : Béatrice d'Erceville
Article paru dans le numéro #22 PANGÉES
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