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Clément Grenier
Reportage | 18 mai
6 mn

L'art de résister aux bulles
Formes gracieuses et fins cristaux pour mieux contenir la pression du champagne.

Louis Roederer, Cristal champagne, bulles © DR
Vranken cuvée Diamant Brut, champagne, bulles © DR
Champagne de Venoge bouteille en forme de carafe, champagne, bulles © DR
Champagne rosé de Venoge bouteille en forme de carafe, champagne, bulles © DR
Royale Réserve Brut Blason Philipponnat, champagne, bulles © DR
Gamme de champagnes Philipponat, panorama, bulles © DR
Venoge Grand Vin des Princes, bouteille en forme de carafe, champagne, bulles © DR
C'était le grand défi de la verrerie du XVIIIe siècle : créer un contenant capable de résister à la pression du champagne et aux chocs. D'autres astuces techniques sont encore plus anciennes : le culot concave sur le fond de la bouteille, celui qui rend possible le célèbre « service à la champenoise » et garantit la stabilité des bouteilles, a été inventée au... IVe siècle.
Mais derrière l’apparente uniformité de leurs formes, les bouteilles reflètent l'éclectisme et la diversité des crus. Marque d'identité des Maisons, puissance évocatoire de la tradition, voici quelques bouteilles peu ordinaires qui éveillent les sens et l'imagination.

Philipponnat, l'art de l'enchantement

Carte postale Clos des Goisses, sortie de Mareuil-sur-Ay , coteaux, champagne, bulles © DR
Carte postale du Clos des Goisses, sortie de Mareuil-sur-Ay
« Curieux effet naturel de ce vignoble renommé, qui donne par sa forme et son reflet, l'illusion de la flûte à champagne »
La carte postale ci-dessus représente le Clos des Goisses, illustre vignoble sans équivalent en Champagne : il est exposé plein sud et tout en coteaux, à la sortie de Mareuil-sur-Ay sur les bords du canal de la Marne au Rhin. En 1935, la famille Philipponnat fait l'acquisition de cette propriété, jusqu'alors divisée entre plusieurs viticulteurs, et lui redonne tout son lustre. Mais observez la carte postale plus attentivement : par un curieux effet d'optique, le reflet du coteau sur l'eau prend une forme très évocatrice. Penchez votre tête à gauche, et vous verrez une flûte. Penchez la tête à droite, et la forme d'une bouteille apparaîtra. Voilà un champagne qui fait tourner la tête.

Champagne des Princes » de Venoge, l'art du prestige

La maison de Venoge propose une bouteille en forme de carafe, avec un bouchon de verre permettant sa réutilisation. Ce procédé très ancien avait été abandonné au profit de flacons plus sûrs en termes de conservation du vin. La masse de verre entièrement ramassée vers le bas et le col relativement large lui donnent une forme envoûtante. Joseph de Venoge a eu l’idée de ce flacon en 1864, en lançant la cuvée de prestige « Champagne des princes » pour ses hôtes de marque, avec lesquels il partait à la chasse en emportant ses bouteilles.

Vranken, l'art de l'élégance

La cuvée « Demoiselle » de Vranken, créée en 1985, fait référence à la villa Belle Époque Les Demoiselles, au cœur de Reims. Son élégant flacon, ventru, avec un col effilé, évoque à la fois le XVIIIe siècle et l’esprit « Fin de siècle » des années 1900, et sa composition très raffinée rappelle cette très belle propriété de Reims. Sur son fût, un motif représentant des feuilles d'Iris dans le style de l'école de Nancy, réclame un travail minutieux de verrerie au moment de la gravure du moule. Il donne une tonalité champêtre et bucolique à la bouteille.
Le flacon de la cuvée « Diamant », lui, évoque la pureté, et offre une apparence plus classique, avec des formes plus rectilignes. Il se rapproche d'éléments très aériens, grâce à une verrerie transparente, qui laisse admirer le champagne.

Roederer, l'art de la diplomatie

En 1876, le champagne Roederer veut satisfaire les désirs du Tsar Alexandre II de Russie, qui s'offusquait de se voir servir le même champagne que le reste de sa cour. À l’époque, plus de 70 % de la production est exportée vers des clients aristocrates russes. Louis crée alors une cuvée unique, élaborée à partir des meilleurs crus de son domaine, qu'il verse dans une bouteille de cristal, avec un fond plat, car Alexandre II craignait qu'une grenade ne soit introduite dans le cul de la bouteille. Il réclama aussi que la bouteille reste entièrement blanche, de peur qu’un poison n’y soit introduit. Depuis, ses exigences continuent de ravir autant les yeux que les papilles.

Ruinart, l'art de la tradition

Ruinart, un nom qui évoque la première maison de Champagne, fondée par l’audacieux Claude Ruinart en 1729 à Epernay, un an après l'autorisation par Louis XV du transport en bouteille des vins de champagne. Son flacon lui-même a une forme très reconnaissable, avec son corps bombé et son col allongé. Celle-ci vient directement des anciens flacons de ratafia, vin liquoreux caractéristique des régions de Champagne et de Bourgogne. Aujourd’hui encore, on ne se lasse pas de la transparence magnifique du Ruinart Blanc de Blancs, symbole de raffinement et de modernité.
Crédits photo : DR
Article paru dans le numéro #23 GALBÉES
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