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Sophie Colin
À savoir | 1er juin
4 mn

Serge Poliakoff, artiste en redevenir
Objectif de Marie-Victoire Poliakoff : garder bien vivante l’œuvre de son grand-père.

Portrait de Marie-Victoire Poliakoff  Art Culture Galerie ©  Pluris
Portrait de Marie-Victoire Poliakoff  Art Culture Galerie ©  Pluris
Portrait de Marie-Victoire Poliakoff  Art Culture Galerie ©  Pluris
« Mais où habite cet artiste ? Il faut que je le rencontre ! » A la sortie de la projection d’un documentaire sur son grand-père, Marie-Victoire Poliakoff entend ces propos de spectateurs. Elle est touchée que l’on ne sente pas que Serge Poliakoff n’est plus de ce monde car c’est justement le rôle qu’elle s’est fixé : « faire que mon grand-père soit vivant. »
Petite, elle l’a regardé, écouté, accompagné, et ils ne se sont jamais quittés. Même après la mort du peintre, en 1969. Elle et sa famille, son père Alexis, son frère Thadée, ont à cœur de défendre la mémoire de cette grande figure de l’abstraction, qui a fui la Russie, où il est né en 1900, pour s’installer définitivement à Paris en 1923. L’exil exacerbe le besoin d’amour. Serge Poliakoff a fondé une famille slave très unie, bienveillante, passionnée et respectueuse de ce qu’il fut. « On est à côté de lui. Chacun a son rôle… On a un rôle parce qu’on est utile à. » Alexis travaille au catalogue raisonné, aidé de Thadée, avec qui il surveille les ventes et les faux. Ils s’occupent des expositions avec Marie-Victoire - par ailleurs, galeriste - qui, en plus, conserve les Archives, assure la communication et a publié un scrapbook pour transmettre les souvenirs du peintre. Ensemble, ils constituent une collection représentative de toutes les époques du travail de Poliakoff afin de pouvoir prêter des œuvres aux musées. Leur démarche n’est en aucun cas spéculative.
Portrait de Marie-Victoire Poliakoff  Art Culture Galerie ©  Pluris
Marie-Victoire Poliakoff
Poliakoff est, historiquement, un artiste majeur, mais sa présence sur la scène artistique est discrète, moins tapageuse que celle d’autres figures plus bankables ou arrogantes. Le rôle des institutionnels, aux côtés de la famille, prend alors tout son sens parce qu’« un conservateur de musée ne doit jamais oublier son rôle par rapport à l’histoire. Il n’est pas un galeriste qui expose ce qu’il aime. » Marie-Victoire regrette l’absence de son grand-père dans certains musées, et salue la rétrospective que Fabrice Hergott et Dominique Gagneux ont organisée au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris, cet hiver. Grâce à eux, Poliakoff est à la place où il est, à une époque où « les gens manquent de curiosité et refont l’histoire. » Mais la famille Poliakoff tient à concilier sa volonté d’impulser des projets tout en demeurant « invisible » et au service des institutionnels, dans l’intérêt de Serge Poliakoff. Délicat équilibre de points de vue fragilisé aujourd’hui chez les Picasso à Paris et les Guggenheim à Venise.
Une œuvre imprimée sur un vêtement Isabel Marant, une exposition imminente à Londres. Puis New York en 2016 ? Et un jour, la Russie. Autant de projets qui exaltent Marie-Victoire et lui donnent raison de penser que Serge Poliakoff est un artiste vivant « en redevenir ».
Crédits photo : Pluris
Article paru dans le numéro #25 SÈVES
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