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Sophie Colin
News | 6 juin
4 mn

Saint-Pétersbourg se prend pour Dubaï
La plus haute tour d'Europe chamboulera-t-elle la gracieuse skyline de Saint-Pétersbourg ?

Saint Petersbourg © Droits Réservés
 © Droits Réservés
 © Droits Réservés
Saint Petersbourg © Droits Réservés
Tout bâtisseur d’empire cherche à marquer son territoire de son empreinte. En son temps, Pierre le Grand fit de Saint-Pétersbourg un joyau architectural, classé au Patrimoine mondial de l’Unesco. Aujourd’hui, le géant gazo-pétrolier russe Gazprom lance un défi à la ville : y ériger le plus haut gratte-ciel d’Europe pour en faire le siège social de son pouvoir. Provocation de la part de celui qui a choisi pour slogan « Les rêves deviennent réalité », car l’ambitieux projet, lancé en 2005, a rencontré quelques résistances. C’était oublier que l’argent peut se heurter à des valeurs supérieures, qui tiennent ici à des considérations de patrimoine.
Au cœur de la polémique : la réalisation, en plein centre historique de la ville, face au magnifique couvent Smolny, d’une tour de plus de 300 m et d’un quartier d’affaires, qui aura successivement pour nom Gazprom City, puis Okhta Center. En 2006, un concours est lancé. Six grands architectes internationaux, dont Jean Nouvel et les Suisses Herzog & de Meuron, proposent leurs projets. C’est finalement l’anglais RMJM qui convaincra Gazprom et la municipalité, à l’époque tous les deux investisseurs, à raison de 51 % pour le premier et 49 % pour la seconde.
Projet Okhta Center Lakhta Center © Droits Réservés

FOLIE DES GRANDEURS

Mais les habitants se mobilisent contre ce qu’ils appellent « le monstre ». Et l’Unesco s’oppose à la construction d’un édifice aussi haut qui porterait atteinte à l’intégrité du patrimoine historique. Modernisation trop brutale pour une ville conservatrice, qui a tout de même toléré, en 2008, les tours de verre du complexe Saint Petersburg Plaza, siège de la Bank Saint Petersburg, haute de 21 étages seulement. Ce centre d’affaires design de haute technologie offre à la ville, dans des proportions contrôlables, une nouvelle facette architecturale, située presque en face du fameux couvent Smolny.
Le projet Okhta Center, annulé en décembre 2010, sera déplacé à 9 km, au bord du Golfe de Finlande, sous le nom de Lakhta Center. Autorisé en 2012, surveillé par l’Unesco, financé par Gazprom et quelques investisseurs privés, le rêve réajusté deviendra réalité en 2018. Il ressemblera à une tour d’acier et de verre de 462,7 m de haut, au toit fuselé en forme de flamme, symbole de la compagnie. Des éléments architecturaux angulaires évoqueront les cristaux, comme l’eau glacée des canaux en hiver. Ses 86 étages seront desservis par 34 ascenseurs. La folie des grandeurs est un véritable catalyseur d’énergie : recours aux technologies les plus abouties présentées comme respectueuses de l’environnement, développement des infrastructures en matière de transports, et création d’emplois.
Moscou, qui compte déjà cinq, et bientôt sept, des plus hauts gratte-ciel d’Europe culminant à 360,5 m, toise la ville-musée des tsars. Mais en se dotant en 2018 de la tour la plus élevée, Saint-Pétersbourg aura su préserver, dans la modernité, son statut impérial.
Crédits photo : Droits Réservés
Article paru dans le numéro #26 FACETTES
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