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Pascal de Rauglaudre
7 mn
Quel est le point commun entre les Jeux olympiques d’été de Londres en 2012, la COP 20 sur le climat à Lima en novembre prochain, la Coupe du monde de football au Brésil en ce moment, ou encore le Saut Hermès au Grand Palais ? Tous leurs aménagements ont été confiés à GL Events. GL Events, c’est une fabuleuse, et très discrète, success story à la française.
Fondée à Lyon il y a 35 ans, la PME est devenue leader mondial sur le marché des salons, congrès et grands événements mondiaux. Elle est présente sur les trois secteurs de l’événementiel : l’engineering, la gestion d’espaces et l’organisation de salons et congrès, autrement dit dans le jargon maison, Live, Venues et Exhibitions. C’est en 1998 qu’elle a effectué son premier bond de géant, avec le Mondial de foot en France.
Depuis, elle a participé à l’aménagement de la totalité des coupes du monde et des Jeux olympiques d’hiver et d’été. Avec 9 % de croissance en 2014, GL Events, coté en bourse, fait 55 % de son chiffre d’affaires à l’étranger. Olivier Roux, son vice-président, évoque pour Pluris les perspectives de ce secteur d’activité si spécifique.

Pluris – Comment votre groupe a-t-il évolué ces dernières années ?

Olivier Roux – Nous sommes devenus un groupe très intégré, ce qui nous permet de répondre aux grands appels d’offres mondiaux. À l’origine, notre travail, c’est la prestation de service pour les salons et événements, puis nous sommes passés à la gestion des centres de congrès et de parcs d’exposition, et enfin à l’organisation de salons. Comme tous les entrepreneurs, nous « tenons la promesse », et la nôtre repose sur la culture de l’anticipation, la gestion minutieuse des plannings, la force de nos actifs, et la qualité de la mise en œuvre. Ensuite, nous sommes partis vers les grands évènements médiatiques mondiaux, coupes du monde, jeux olympiques, qui réclament la même ingénierie événementielle. Travailler à l’international permet de diversifier les risques, et de s’ouvrir à d’autres façons de travailler.

Vous travaillez dans un grand nombre de pays, avec des cultures très différentes. Constatez-vous une certaine uniformisation ?

Oui, les comportements sont plus uniformes, c’est indéniable. D’un événement à l’autre, les demandes de repères restent les mêmes : gestion des flux, signalisation, accessibilité et qualité du matériel... Il faut rassurer les professionnels et les visiteurs. Les différences tiennent d'abord aux marchés : on ne gère pas un salon de l’aéronautique comme celui du prêt-à-porter. Autre tendance : avant, les gens restaient trois jours. Maintenant, ils restent un jour et on leur prépare un itinéraire pour que leur visite soit efficace. Leur profil s'affiche sur l'application, c’est un vrai plus.

Quels sont les autres impacts des nouvelles technologies sur vos métiers ?

Nous ne sommes pas dans un secteur à forte valeur ajoutée technologique, nous avons des cloisons, des tentes, des gradins, du mobilier, de la signalétique, etc. La seule barrière à l'entrée, c'est le volume des actifs : nous sommes choisis parce que nous avons du stock et de la créativité, et que nous savons les mettre en œuvre. Donc les technologies ne transforment pas fondamentalement nos métiers, mais elles nous aident à mieux atteindre les clients. Nous pouvons capter sur la toile des visiteurs nouveaux, qui vont s'intéresser à nos exposants dans nos salons, ce qui n’était pas du tout possible il y a une dizaine d’années. Nous faisons aussi davantage de présentations graphiques en 3D pour vendre les projets : vous avez devant vous ce que vous aurez dans la réalité. Quant au salon virtuel, il ne remplacera jamais les rencontres physiques.

Les salons ont-ils un avenir ?

Ils ne disparaîtront pas parce qu’ils restent le meilleur moyen de faire rencontrer les gens et connaître les produits. Ils nous relient aux foires d’antan, celles du Moyen-Âge. Ceci dit, à côté des grands salons internationaux qui n’arrêtent pas de grossir, nous observons des stratégies de niche qui attirent de nouvelles communautés. Ces communautés sont difficiles à définir, mais elles se retrouvent autour d'un esprit commun, avant-gardiste. Par exemple dans l’alimentaire, à côté du SIRHA, le Salon mondial de la restauration et de l’hôtellerie, Omnivore est destiné à un public qui explore de nouveaux chemins.

Et dans dix ans, à quoi ressemblera GL Events ?

Pour notre secteur d’activité, l’avenir, c'est la conquête de territoires nouveaux, l'Afrique, les pays de l'Est, l’Amérique du Sud. Mais l’international n’est pas toujours facile, car les façons de travailler peuvent être différentes. Les Etats-Unis et la Chine, eux, sont les marchés les plus difficiles. Quant à d’éventuelles nouvelles activités, nous réfléchissons à la gestion des stades, et des grands équipements, sportifs ou autres.

Quels conseils donneriez-vous à de jeunes entrepreneurs ?

Travaillez, innovez, soyez audacieux ! Pourquoi sommes-nous choisis ? Parce qu’en tant qu’intégrateurs de la filière, nous sommes différents des autres, et parce que nos prestations sont fiables. Il faut donc sortir de son territoire et en ouvrir de nouveaux, ne pas avoir peur d’aller vers l'inconnu, et désacraliser les métiers que l'on ne sait pas faire.
Crédits photo : GL Events
Article paru dans le numéro #30 ÉCLATS
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