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Pascal de Rauglaudre
BIG BANG Les Grands Entretiens | 26 août , mis à jour le 1er déc.
6 mn
Les aéroports de demain ne se contenteront pas de voir passer les voyageurs : ils offriront une multitude de services. On s’y distraira, on y consommera, on y travaillera. Avec l’ouverture d’Aéroville fin 2013, ce centre commercial d’un genre nouveau à deux pas des pistes, Roissy, la plus importante plateforme aéroportuaire d’Europe continentale, s’y prépare déjà. Et plusieurs milliers de mètres carrés dédiés au tertiaire vont bientôt être disponibles près d’Orly. Petit exercice d’aéro-fiction, par Augustin de Romanet, pdg du groupe Aéroports de Paris.

Pluris – À quoi ressembleront les aéroports du futur ?

Augustin de Romanet – Dans l'Antiquité, les villes se développaient autour des ports. Au 19e siècle, les gares se sont implantées dans leur cœur. Au 20e, les autoroutes les ont entourées et reliées. Au 21e, les aéroports s’en rapprochent. C’est nouveau car auparavant, ils étaient construits loin des villes. L’aérotropolis, un concept popularisé par le spécialiste du transport aérien John Kasarda, est une véritable cité aéroportuaire qui rayonne à 40 km à la ronde, c’est un lieu de transit, mais aussi de plaisance, avec beaucoup de services.

Quels autres services l’aéroport peut-il fournir ?

L'aéroport de 2030 sera l'équivalent d'un centre commercial modernisé, avec des magasins, des cinémas, de la musique, et toutes les expériences qui permettent de profiter du temps disponible. Bien sûr, il y aura toujours des zones d'embarquement, mais à l'extérieur, nous aurons une nouvelle cartographie de l’aéroport, qui participe de l'idée que les individus veulent aussi y consommer. Des gens y travailleront, tandis que d’autres y habiteront et s’y distrairont. Par exemple, le nouveau cœur d'Orly, Askia, contiendra 18 000 m2 de bureaux. Orly sera une zone de transport, mais aussi une zone tertiaire. La nouveauté, c'est l'agrégation de la ville autour de l'aéroport. À Roissy, le centre Aéroville représente en quelque sorte une avant-garde.

L’accueil des passagers ne risque-t-il pas de passer au second plan ?

Certainement pas. Notre objectif reste d’augmenter le trafic dans nos aéroports. Pour ça nous continuons de miser sur la qualité de services qui permet de faire la différence avec les aéroports concurrents, en développant la marque Aéroports de Paris. La concurrence entre aéroports est très vive : quand vous allez d’un point à l’autre de la planète, vous ferez à coup sûr une correspondance, car un avion ne va pas plus loin que 12 000 km. Vous avez le choix entre une dizaine de grands hubs mondiaux, parmi lesquels les aéroports parisiens, Londres, Amsterdam, Francfort, Istanbul ou les pays du Golfe.

Comment attirer ces voyageurs ?

Nous multiplions les attentions à leur égard pour qu'ils se sentent à l'aise, en améliorant l'accueil, la signalétique, les commerces, l'accès à la capitale, en formant le personnel d’accueil. Le taux de satisfaction a d’ailleurs augmenté de 2 points en 2013. Et ce, pour un coût relativement faible. Reste que gérer un aéroport est un défi considérable : il faut à la fois s’occuper du quotidien, et prévoir ce qui va se passer dans dix ans, ce qui reste un exercice extrêmement difficile, car on ne doit pas négliger la maintenance : l’entretien des pistes est essentiel, même s’il ne se voit pas. Quand je rencontre les patrons des compagnies aériennes, par exemple celui d'Air France, je leur demande comment ils voient leur exploitation dans dix ans. C'est essentiel, car aux alentours de 2024, Roissy devrait être saturé, et il faut anticiper les emplacements des nouveaux terminaux.

Quelles sont les possibilités de développement pour un aéroport qui menace d'être saturé ?

La saturation menace dans les terminaux, mais pas sur les pistes. C’est une différence importante. Les terminaux de CDG ont la possibilité d’accueillir 79 millions de personnes, et les pistes, 140, c’est-à-dire un doublement en 22-23 ans avec une croissance annuelle de 3 %. Si un jour CDG venait a être saturé on pourrait développer les aéroports de province, à Lille, Metz, Lyon, etc. en les reliant à Paris par le TGV. Il me semble improbable qu’un troisième aéroport soit créé ex nihilo en région parisienne.
Crédits photo : Pluris & ADP
Article paru dans le numéro #32 BERCAIL
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