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Olivier de Cointet
8 mn
46,4 milliards d’euros : c’est le montant des encours sous gestion de la banque Neuflize OBC en 2013, ce qui fait d’elle le premier acteur indépendant du secteur de la banque privée en France. Ses clients ? Des Français millionnaires, entrepreneurs ou membres de grandes familles, détenteurs de patrimoines importants ou souhaitant la proximité et l’écoute d’un acteur à taille humaine. Neuflize OBC, c’est aussi la banque du cinéma, qui soutient le septième art depuis 25 ans. Pour Pluris, Philippe Vayssettes, son président, analyse les enjeux de la banque privée, à l’heure où le secteur bancaire traverse de grands bouleversements.
Pluris – Quel regard portez-vous sur le secteur bancaire aujourd’hui ?
Philippe Vayssettes – Ce secteur vit une révolution faite de 3 composantes : la première, une perte de confiance très difficile à retrouver pour l’ensemble du secteur bancaire. Les crises à répétition de 2001 et 2007, ainsi que l’actuelle, sont très difficiles à expliquer. Ce phénomène s’explique par l’opacité des banques qui ont été dans la non transparence sur les tarifs, même s’il existe une amélioration de nos jours, quoiqu’encore très lente. Deuxièmement, la révolution culturelle et industrielle du numérique, y compris pour les banques privées. Elle nécessite des investissements massifs et un changement culturel pour tous nos salariés. Troisièmement, nous n’avons pas fini de payer les conséquences de l’imprudence de quelques milliers de personnes de la profession bancaire qui ont failli entrainer le monde dans la faillite. Cela se traduit par un tsunami réglementaire de défiance. Nous sommes allés très loin dans la dérégulation, dans l’avidité, dans l’arrogance et dans l’opacité, avec des victimes quelques fois consentantes. En conséquence des contrôles particulièrement complexes et de toutes sortes s’accumulent, nos clients n’y sont pas habitués et cela ralentit leurs activités.
Les banques d’Asie du Sud-Est, chinoises, indiennes ou du Golfe risquent-elles de venir vous concurrencer ?
La banque numérique, la mondialisation, la nécessité de trouver des relais pour des partenariats au niveau mondial et le tsunami réglementaire imposent des investissements massifs à la fois humains et techniques qui ont pour effet immédiat d’augmenter violemment le point mort. Pour les grandes banques universelles comme BNP ou la Société Générale, à moins de 10 milliards d’actifs dans un pays, il n’y a aucun avenir. Dans une banque privée pure player non adossée à un réseau, à moins de 20 milliards d’actifs, il n’y a pas non plus d’avenir. Dans le cadre de cette consolidation, il n’y a aucune raison pour que les pays qui ont beaucoup d’argent n’entrent pas dans le capital d’entreprises européennes, y compris pour faire des transferts de technologies, comme dans la téléphonie. Une grande banque privée, KBL, a d’ailleurs été rachetée par un groupe qatari.
Philippe Vayssettes, président de Neuflize OBC © Maud Bernos pour Pluris Magazine
Comment les frontières du métier de la banque, du cash management à l’expertise, évoluent-elles ?
Les mouvements du paysage concurrentiel sont passionnants à observer, quoiqu’un peu effrayants. Un des problèmes de marge des banques, c’est que toutes leurs activités réclament de plus en plus de capital, et plus elles sont risquées, plus il faut mettre du capital. Or le capital c’est ce qui coûte le plus cher. Nos concurrents de demain sont d’une part les banques universelles qui balaieront les pure players, et d’autre part, les Google, Microsoft et Apple.
Dans ce contexte, comment Neuflize OBC peut-elle tirer son épingle du jeu ?
Ce qui fait la différence concurrentielle de Neuflize OBC, c’est une approche de notre clientèle sur le très long terme, et si possible sur plusieurs générations, en anticipant les mouvements. Je ne suis que le passeur d’une histoire qui a commencé il y a 350 ans. Tous les banquiers de la place, y compris les product pushers, vous diront que ce qui les intéressent, c’est le client. Dans notre organisation, tous les métiers ont la même mesure de performance. Nos banquiers sont les chefs d’orchestre d’une palette d’expertises, de services et de produits qu’ils mettent à la disposition de leurs clients, comme l’ingénierie patrimoniale, les financements structurés, les fusions-acquisitions, le family office, l’immobilier, l’art… Ils incarnent la relation entre des individus : relation familiale, de managers, d’entrepreneurs, ou des deux à la fois. Nos banquiers sont réunis en groupes et nos centres de gestion sont regroupés par secteurs industriels : ils connaissent très bien leurs secteurs. Commercialement, cette connaissance nous permet de créer une intimité avec nos clients et de prendre moins de risques.
Cette compétence sectorielle vous conduit notamment à être la banque du cinéma. Comment naissent les innovations à l’intérieur de la banque ?
Elles naissent de l’observation de notre métier dans toutes ses composantes et des tendances dans les différents secteurs que nous connaissons bien. C’est valable pour le cinéma comme pour des secteurs moins glamour mais qui réclament la même attention, la santé, l’art, internet et les entrepreneurs de la finance. Par exemple, notre réflexion sur un autre mode de financement du cinéma, qui satisfasse aussi les besoins de nos clients pour des produits décorrélés des marchés financiers, nous a conduit à lancer en 2012 la SICAR Neuflize OBC Cinéma, bien avant qu’il soit question de réformer en profondeur le mode de financement du cinéma français.
En quoi cela rejoint votre métier de banquier privé ?
Notre rôle est de contribuer à préserver le patrimoine hérité et d’aider à constituer l’héritage du futur. C’est vrai dans notre approche environnementale, c’est vrai dans notre mécénat artistique, où nous mécénons aussi bien l’Aphrodite romaine de Sainte-Colombe que le Palais de Tokyo, qui est l’art d’après-demain, et de la même manière. Nous sommes là pour aider nos clients à protéger leur patrimoine constitué et à transmettre ce qui sera l’héritage de leurs enfants.
Crédits photo : Neuflize OBC, Maud Bernos pour Pluris Magazine
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Article paru dans le numéro #39 COFFRES-FORTS
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