Fermer
Julien Tissot
Portrait | 23 oct.
5 mn

L’enfant de l’art
Comment hériter et garder la tête froide. Leçon de vie par Olivier Picasso.

Olivier Picasso devant 'l'homme au gibus' dessin gouaché cubiste de Picasso, daté de 1914 Œuvre : Succession Picasso, 2014, Art Contemporain, Artiste © Droits réservés
Olivier Widmaier Picasso © Droits réservés
La première chose qui frappe le regard, en entrant dans le bureau d’Olivier Picasso, place Vendôme, c’est la ressemblance physique avec son illustre aïeul : visage rond, large sourire, œil pétillant. À 53 ans – il en paraît facilement dix de moins – l’homme possède le même charme. Mais l’inventaire des points communs prend fin quand il indique n’avoir eu que « 3 sur 20 en dessin au bac », et confie modestement : «  Je n’ai pas hérité du génie de Pablo Picasso. Pour être remarqué, il faut être remarquable. »
Toute sa vie, Olivier Widmaier Picasso, né à Marseille en 1961, a cherché à éviter les écueils liés à la célébrité de son grand-père. Il ne voulait pas « vivre par Picasso » mais, en même temps, « vivre sans Picasso aurait été difficile », reconnaît-il. S’il se dit plutôt épanoui aujourd’hui, il le doit aussi beaucoup à ses parents « très structurants », Maya Picasso et Pierre Widmaier. Jamais il n’a été mis sur un piédestal, ni coupé du monde comme tant d’héritiers. Et après avoir travaillé dans la musique, il est devenu auteur et producteur de documentaires pour la télévision.
Olivier Widmaier Picasso chez lui devant une œuvre de Pablo Picasso représentant sa grand-mère Marie-Thérèse au col de fourrure, 5 décembre 1937, huile sur toile, 61x50 cm. Œuvre : Succession Picasso, 2014 © Steven Lyon
Olivier Widmaier Picasso chez lui devant une œuvre de Pablo Picasso représentant sa grand-mère Marie-Thérèse au col de fourrure, 5 décembre 1937, huile sur toile, 61x50 cm. Œuvre : Succession Picasso, 2014

Un hôtel abandonné dans le Marais

Il se souvient avoir visité dans les années 1970 « un immeuble abandonné dans un quartier abandonné », l’hôtel Salé au cœur du Marais, sans jamais se douter que celui-ci serait un jour choisi pour abriter les œuvres de son grand-père. Une dizaine d’années plus tard, en 1985, il assiste à l’inauguration du Musée Picasso en présence du président de la République de l’époque, François Mitterrand. L’ensemble des œuvres a été confié au musée par les héritiers du maître, suivant une loi concoctée sur mesure par Georges Pompidou pour leur permettre de régler leurs droits de succession avec des œuvres d’art. Et c’est en découvrant le musée qu’il appréhende l’œuvre du peintre, son grand-père.
Depuis 2009, date de fermeture du musée, Olivier a suivi attentivement les travaux de rénovation. Il leur a même consacré un documentaire qui vient d’être diffusé sur Arte. Pour lui, cette réorganisation a permis de jeter un regard neuf sur l’œuvre de l’artiste : le musée Picasso est « un prolongement générationnel », ajoute-t-il.
Olivier Widmaier Picasso devant l'homme au gibus dessin gouaché cubiste de Picasso, daté de 1914 Œuvre : Succession Picasso, 2014 © Droits réservés
Olivier Widmaier Picasso devant l'homme au gibus dessin gouaché cubiste de Picasso, daté de 1914 Œuvre : Succession Picasso, 2014

Liberté, modernité, continuité

Quand Pablo, qui vivait reclus dans son atelier pendant ses vieux jours, disparaît, Olivier n’a que 12 ans, et ses souvenirs sont rares. Et pourtant sa connaissance du travail de son grand-père est encyclopédique, car depuis sa plus tendre enfance, il a grandi entouré des tableaux de son grand-père accrochés aux murs.
Subjugué par l’ampleur de l’œuvre, il reste fasciné par le souci du détail de Pablo. « Aucun tableau n’est inachevé », insiste-t-il. « Son art témoigne d’une liberté totale, il possède une grande modernité. » Il lui a rendu hommage à travers un livre et un film, Picasso, l’inventaire d’une vie, et il voit le Street Art, le graffiti, ou encore Basquiat, comme des continuateurs de son art.
Picasso, l’inventaire d’une vie, un film écrit par Olivier Widmaier Picasso et Hugues Nancy, réalisé par Hugues Nancy, Arte Editions.
Crédits photo : Steven Lyon, Droits réservés
Article paru dans le numéro #39 COFFRES-FORTS
Recevoir le magazine Inscrivez-vous pour recevoir chaque semaine l'essentiel de la culture, du business et de l'art de vivre.
Fermer
L’enfant de l’art à un ami.
(*) Obligatoire
Fermer
Modifiez votre mot de passe
Fermer
Veuillez saisir votre identifiant
Fermer
Fermer
Bienvenue sur Pluris
Inscrivez-vous pour rejoindre
la communauté Pluris et recevoir chaque semaine le magazine.
Créer un compte avec un email
Bienvenue sur Pluris
, complétez le formulaire pour terminer votre inscription.