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Aurélie Labruyere
À savoir | 13 déc.
6 mn

Rolland l'Argentin
Après Pomerol, Michel Rolland est parti à la conquête des vins argentins. Avec succès.

Vignes Mendoza - Cordillère des Andes © DR
Vignes Mendoza - Cordillère des Andes © DR
 © DR
Vignes Mendoza - Cordillère des Andes Vendanges © DR
Premier vinificateur européen à avoir traversé à la fois l’Atlantique et l’Equateur, Michel Rolland s’est pris de passion dès 1988 pour l’Argentine, ses habitants, ses paysages, son art de vivre. Aujourd’hui il est propriétaire de plus de vignes en Argentine, son troisième pays client, qu’à Bordeaux, au point d’être devenu la personnalité la plus influente du vin argentin.
Ce statut de star des Andes, il l’a gagné de haute lutte. « Au début je me suis fait des ennemis, car je disais tout haut ce que certains pensaient tout bas », explique-il avec son sourire communicatif. Il faut dire que lorsqu’il découvre la production viticole argentine, avec Dany, son épouse et complice, il a de quoi s’inquiéter. « Si j’avais été un œnologue sérieux, il y a 25 ans, j’aurais dû repartir immédiatement car les vins étaient si médiocres… Seuls les Argentins pouvaient boire leurs vins à l’époque. »
Que de chemin parcouru depuis ! L’Argentine compte aujourd’hui quelques-uns des producteurs de vins les plus sérieux du monde. Diversité des cépages, des sols et des micro-climats, excellence de certaines cuvées qui rivalisent avec les grands crus, hausse de la qualité moyenne, l’Argentine en offre de toutes les couleurs sur les 200 000 ha de son vignoble. Sur le papier, l’Ouest argentin ressemble à un eldorado viticole, et les visiteurs éprouvent rapidement le même sentiment que les Rolland à leur arrivée.
« L’âme du vin argentin est au pied de la Cordillère des Andes, et en particulier dans l’oasis de Mendoza. » Le climat protégé par les montagnes offre un ensoleillement privilégié et une amplitude thermique idéale pour la maturation des raisins, même si les baies sont cuites avant d’être mûres certaines années, et la pluviométrie très basse (200 mm/an contre 700 à Bordeaux) oblige à irriguer. « Dans ce paysage de piémont, les nuances micro-climatiques sont dues essentiellement à l’altitude à laquelle on plante la vigne. En jouant avec l’altitude, on peut planter des cépages très variés, du pinot noir à la syrah, du torrontès au viognier. Les vignes les plus hautes du monde sont à 3 000 m d’altitude, dans la province de Salta, au nord du pays. »
Vignes Mendoza - Cordillère des Andes © DR

« L’âme du vin argentin est au pied de la Cordillère des Andes, et en particulier dans l’oasis de Mendoza. » Michel Rolland

C’est dans les années 2000 que les bodegas ont fait leur révolution qualitative, avec le soutien actif des Français, Bordelais surtout, Italiens, Espagnols, Américains et même des voisins chiliens. Grâce au transfert de savoir-faire, le niveau moyen des vins argentins a monté et des icônes sont apparues. « Dans la première édition de mon livre sur les bodegas argentines en 2002, j’avais goûté 170 vins et écarté 25. Pour la deuxième, le ratio est de 10 sur 250. Et dans la dernière en date, en 2008, j’en ai goûté 350 et écarté seulement 5. »
L’âme du vin argentin est au pied de la Cordillère des Andes, et en particulier dans l’oasis de Mendoza.
Chaque fois qu’il se rend en Argentine, Michel Rolland devient Miguel Rollando, pour accompagner ses clients ou pour développer son concept de terroir partagé, le Clos de los Siete, lancé avec ses complices, les familles Péré-Vergé, Bonnie, Dassault, Cuvelier. À peine débarqué de l’avion (ne pas oublier que Rolland s’écrit avec deux ailes), il endosse son costume de gaucho. En chapeau, gilet et pantalon mendocinos, il parcourt le Clos à pied et à cheval le Clos, situé au sud de Mendoza, dans la vallée de Uco : avec ses 850 ha, il est plus vaste que l’appellation Pomerol. Ce terroir vise la gourmandise d’un style constant et abordable pour conquérir les consommateurs mondiaux. En parallèle, chaque famille exploite son propre bout de terroir pour donner libre cours à sa créativité viticole et architecturale.

Le malbec, cépage roi de l’Argentine

Michel Rolland : « C’est une chance pour un pays d’avoir un cépage peu cultivé ailleurs. L’Argentine a explosé grâce au malbec et vice versa. C’est son meilleur atout sur le marché mondial. Le malbec est à la fois identitaire et distinctif. Regardez Cahors, le vignoble français qui le cultive : cette appellation n’a pas réussi à capitaliser sur son cépage pour émerger. Aujourd’hui les Cadurciens rappellent que eux aussi font des vins de malbec. Mais pour le marché mondial l’équation est malbec = Argentine. »
Crédits photo : DR
Article paru dans le numéro #46 CHAPEAUX DE RIZ
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