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MASTER of
CO-MANDMENT
Interview de Stephen Urquhart, Président d'OMEGA Watches
Pluris – Vous portez à votre poignet une Seamaster 300. Que représente cette montre pour vous ?
Stephen Urquhart – La Seamaster 300, c’est une pièce à la fois vintage et excessivement contemporaine. Nous avons gardé l’esthétique d’époque en y apportant toute la technologie moderne avec le mouvement Master Co-Axial 15000 Gauss que nous venons de lancer. N’oublions pas que le nom Omega vient du premier mouvement industriel réalisé à la fin du 19e siècle. Notre mission première, c’est ce que contient le boitier et sa fiabilité dans le temps. La première fois que j’ai rencontré George Clooney, au Japon, il a sorti de sa poche une montre et m’a dit : « C’est la montre que mon père a achetée en 1963, il l’avait oubliée dans son grenier depuis les années 80 ; quand il a su que j’avais signé avec Omega, il l’a retrouvée, puis remontée et elle fonctionne parfaitement. » Il m’a simplement donné cette montre pour qu’on change le bracelet de cuir qui était un peu abimé.
Qu'y a-t-il de fascinant dans la technologie antimagnétique ?
Le monde de l’horlogerie aime les grands défis. Bien sûr le premier défi, c’est la précision de l’heure donnée. Puis viennent les défis concernant les chocs, l’eau, l’humidité. Le magnétisme était l’un des enjeux majeurs qui nous restaient à surmonter. À partir du mouvement Co-Axial que nous avons développé, nous nous sommes rendu compte qu’en ajustant 3-4 éléments supplémentaires, nous pouvions obtenir une montre qui pourrait tenir le choc face aux rayons X, les fameux 15000 Gauss. Nous avons ainsi résolu cette question, très présente car avec l’informatique et les téléphones portables, nous y sommes soumis quotidiennement.
À qui va profiter ce mouvement Master Co-Axial ?
Nos innovations sont étendues à toute la collection. Quand je suis arrivé chez Omega en 1999, j’ai vu que ces pièces Co-Axiales étaient en séries limitées. Avec mes équipes, nous avons convenu qu’Omega n’est pas un produit de niche. La vraie prouesse c’est de passer de quelques centaines de pièces produites en série limitée, à 450 000 pièces par an aujourd’hui.
L’étanchéité, les chocs et le magnétisme sont maitrisés. Quelle est la prochaine frontière à conquérir ?
La montre parfaite, même si je crois qu’elle n’existe pas ! La recherche de nouvelles matières apportera des améliorations. À la base le Co-Axial visait à réduire au maximum l’usage de l’huile pour la constitution du mouvement, parce que des résidus peuvent subsister. Il serait idéal d’avoir un mouvement mécanique sans influence extérieure, qui résiste aux chocs, à l’humidité et aux champs magnétiques, sans pour autant créer un monstre horloger.
Les quatre familles de produits d’Omega ont plus de 50 ans. Votre croissance peut-elle continuer à reposer exclusivement sur celles-ci ?
Chacune de ces familles a sa propre origine, sa propre légitimité, et est aujourd’hui pleinement mis en valeur. Il est vrai que les modèles non reliés à une famille n’ont pas rencontré le succès escompté. Cela dit nous ne sommes pas prisonniers de ces modèles et il est possible que demain on trouve une pièce ou une montre qui ne soit pas forcément dans ces quatre familles.
À Baselworld cette année, la mode était aux complications pour montres féminines. Qu’en pensez-vous ?
Je ne vois pas de grande percée pour les montres à la fois compliquées et féminines. Il y a en revanche une recherche au niveau des cadrans avec la sophistication des motifs et l’exploitation de nouvelles méthodes comme le ramolayage, qui permet une mise en volume de la pièce. L’utilisation de nouvelles matières comme la céramique et le ceragold ouvrent également de nouvelles frontières créatives.

Dans les quinze dernières années, Omega s’est reconstruit autour de boutiques mono-marques. Comment l’expérience client va-t-elle évoluer dans les prochaines années ?

Aujourd’hui la marque prend le dessus sur le produit. C’est important d’avoir un lien avec nos clients pour leur permettre de vivre, sentir, et toucher le monde Omega. On peut bien sûr acheter une montre Omega en ligne, et plus de 80 000 personnes visitent chaque jour notre site. Mais nous sommes dans un monde d’émotions et de rêve, où le contact est important. Nous avons fait croître notre réseau en propre car qui mieux que nous connaît nos clients ? Nous avons aussi plus de 200 magasins monomarque avec des partenaires. Au final, il est essentiel que le client puisse échanger avec nos équipes et donner son avis.
Avec des extensions dans la maroquinerie et les parfums, Omega est-elle en train de devenir « lifestyle » ?
L’idée est d’étendre le rêve. Omega a néanmoins développé une histoire dans la joaillerie dans les années 60-70, avec des produits sympathiques en complément des montres. Nous voulions aussi protéger la marque avec des articles de maroquinerie et des fragrances. Notre vocation principale est de créer un «lifestyle» dans le monde de l’horlogerie.
Sur la mer ou sur la Lune, Omega est la montre de l’aventurier des temps modernes. Y a-t-il d’autres conquêtes sur lesquelles vous voudriez vous positionner ?
Je suis impressionné de voir à quel point la conquête spatiale touche les jeunes nés après 1969. Cette idée qu’un homme ait pu mettre un pied sur une autre terre que la nôtre est très ancrée chez Omega. Nous restons en lien avec les Etats-Unis et la Russie, et développons des contacts avec les programmes spatiaux en Chine et en Inde. Cela étant dit il n’y a pas seulement la dimension de la conquête. Omega a chronométré de nombreux événements importants du siècle passé comme les Jeux Olympiques. Et même à l’heure du quartz, Omega a apporté son expertise.
Crédits photo : Pluris, OMEGA
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