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Alexis Morloup
News | 21 déc.
5 mn
En 2017, le bitcoin a battu tous les records. Début décembre, sa valeur a franchi la barre des 10 000 dollars pour la première fois, contre 1000 au début de l’année. Et en un week-end, elle a même atteint les 12 000 dollars. Celui qui a acheté des bitcoins pour 100 dollars en 2011 possèderait aujourd’hui une fortune équivalente à 4 millions de dollars.

Il faut dire que le bitcoin, un moyen de paiement décentralisé, sûr et anonyme, permet aux particuliers d’échanger de la valeur sans passer par un État ni par une banque. Certains imaginent même qu’il finira par se substituer au dollar.

Mais ce succès a un coût élevé pour l’environnement, car les technologies de cryptage nécessaires aux échanges de bitcoins sont gloutonnes en électricité. Les créateurs de la monnaie virtuelle n’avaient pas mesuré la quantité d’énergie dont le bitcoin a besoin pour fonctionner.

100 fois les serveurs de Google

D’après Balaji Srinivasan, le patron de la startup 21 Inc, la technologie du bitcoin exigerait une puissance de calcul 100 fois supérieure à celle des serveurs de Google. Or son succès crée des problèmes mathématiques de plus en plus complexes, qui nécessitent des ordinateurs toujours plus puissants.

Du point de vue énergétique, chaque transaction en bitcoin consommerait aujourd’hui 237 kWh, soit 8 jours de consommation électrique d’un ménage américain. Selon le Bitcoin Energy Consumption Index, calculé par le site Digiconomist, le 10 décembre 2017, la quantité totale d’énergie engloutie par le bitcoin atteignait 32,56 Twh.

Elle correspond à la consommation électrique annuelle de la Serbie, à 10 % de celle du Royaume-Uni, ou encore à celle de 3 millions de ménages américains pendant un an. Si le bitcoin était un pays, il serait classé 62e parmi les pays les plus consommateurs d’électricité.

Le hic, c’est que l’énergie utilisée pour le bitcoin est « sale ». Selon l’Université de Cambridge, 58 % de la production de bitcoins est réalisée dans des pays qui utilisent encore abondamment les énergies fossiles, charbon et pétrole.

En termes d’émissions de gaz à effet de serre, l’utilisation du bitcoin produit près de 16 millions de tonnes de CO2 par an, soit 115,92 kg par transaction. Elle équivaut à la production de 1,6 millions de tonnes de viande bovine, 19 millions de tonnes de pain, ou encore un tiers de l’empreinte carbone annuelle du parc automobile européen.

Toute l’énergie de la planète en 2020

C’est beaucoup de gaz à effet de serre pour une monnaie encore embryonnaire, qui n’est même pas acceptée par les commerçants comme monnaie d’échange. Que se passera-t-il si son utilisation se généralisait ?

La question devient urgente, car entre le 10 novembre et le 10 décembre dernier, la consommation énergétique du bitcoin a augmenté de 21 %. Si ces tendances se prolongent, en février 2020, la consommation d’électricité du bitcoin équivaudra à celle de l’ensemble de la planète.

Des projets sont en cours pour améliorer l’efficacité énergétique des transactions, mais ces progrès risquent d’être annulés si le bitcoin attire toujours plus d’utilisateurs.

En attendant, le bitcoin est en train de saper tous les efforts déployés par les pays du monde pour lutter contre le changement climatique.
Crédits photo : DR
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Article paru dans le numéro #137 NOËL
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