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Pascal de Rauglaudre
Entretien | 13 avril
6 mn

Le mercenaire olympique
Comment Paris compte remporter les JO d'été 2024, par Guillaume Cussac, directeur financier du comité de candidature. Réponse en septembre.

Comment Paris compte remporter les JO d'été 2024, par Guillaume Cussac, directeur financier du comité de candidature. Réponse en septembre. © DR
Comment Paris compte remporter les JO d'été 2024, par Guillaume Cussac, directeur financier du comité de candidature. Réponse en septembre. © DR
Retenez bien la date du 13 septembre 2017 : ce jour-là, Paris sera peut-être désignée pour organiser les Jeux Olympiques et Paralympiques d’été de 2024. En face d’elle, il ne reste plus qu’une autre ville en compétition : Los Angeles. Guillaume Cussac, directeur financier, de l’hébergement et du tourisme du comité de candidature, décrypte le contenu de sa mission, temporaire mais ô combien exaltante.
Comment Paris compte remporter les JO d'été 2024, par Guillaume Cussac, directeur financier du comité de candidature. Réponse en septembre. © DR

Comment Paris compte remporter les JO d'été 2024, par Guillaume Cussac, directeur financier du comité de candidature. Réponse en septembre.

Pluris – Comment la candidature de Paris s’organise-t-elle ?

Guillaume Cussac – Le mouvement sportif emmené par Bernard Lapasset et Tony Estanguet a monté un comité de candidature pour répondre à l’appel d’offres lancé par le Comité international olympique (CIO) sur l’organisation des Jeux Olympiques de 2024. Ce comité a pris la forme d’un Groupement d’intérêt public (GIP), car il permet d’associer des institutions sportives (CNOSF, CPSF), publiques (État français, Ville de Paris, région Ile-de-France) et 17 entreprises publiques et privées partenaires (RATP, LVMH, BNP Paribas, JC Decaux, etc.). Chacun des deux ensembles participe au budget du comité à égalité. Les entreprises contribuent à l’excellence du dossier de Paris 2014 dans leur secteur.

Quel est votre rôle au sein du comité de candidature de Paris ?

J’ai été recruté en mai 2015 parmi les premiers collaborateurs, pour structurer le comité de candidature, lui donner les moyens humains, techniques et financiers d’accomplir sa mission. J’organise aussi le plan d’hébergement qui comprend 57000 chambres d’hôtel. Ma première action a été d’ouvrir un compte en banque, tout simplement. Puis j’ai créé un contrat de travail type et participé au recrutement de 55 personnes. Le comité partait de zéro et avait tout à faire : influence digitale et médiatique, relations publiques, marketing pour lever 30 millions d’euros auprès des partenaires privés, juridique, financier…

Si la candidature de Paris l’emporte en septembre, que devient votre poste ?

Notre mission au sein du comité exige de donner le maximum de nous-mêmes, mais nous n’avons aucune promesse au-delà du terme de notre mission, le 13 septembre prochain. Dans les semaines qui suivront, le comité sera dissous, point final. Au moins aurons-nous accumulé une expérience et projeté une image de compétence. Bien sûr, si Paris est sélectionnée, il y aura des opportunités, mais il n’y a aucune garantie pour l’instant. Nous sommes un peu des mercenaires !

D’autres villes candidates ont organisé des référendums sur l’opportunité d’organiser les Jeux. Pourquoi la ville de Paris ne l’a pas fait ?

Le problème avec les référendums, c’est qu’ils sont souvent otages de considérations qui dépassent l’objet même de la question posée. Ils se transforment rapidement en vote pour ou contre le pouvoir en place. Nous avons préféré suivre une démarche participative de co-construction avec l’ensemble de la société civile, citoyens, entreprises, collectivités, associations. Depuis 2014, nous avons monté des ateliers thématiques, des plateformes pour recueillir les idées du public et mettre en valeur ses propositions, et des comités consultatifs présidés par des personnalités comme Alexandre Mars, entrepreneur philanthrope et président de la fondation Epic. Nous avons également signé des conventions avec les plus grandes ONG, dont le Yunus Center du professeur Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix. Tous ces dispositifs ont suscité une adhésion populaire suffisamment large pour justifier une candidature auprès du CIO. Cela dit, la popularité de la candidature, mesurée par sondages, est sur une pente nettement ascendante. Elle oscille aujourd’hui autour de 75 %.

Que pouvez-vous dire de la candidature de Paris à ce jour ?

Pour être franc, la situation sera très incertaine jusqu’au bout. Impossible de donner en mars un pronostic sur une décision qui sera rendue en septembre. Notre offre est de très bonne qualité mais l’histoire a montré qu’il ne faut jamais partir gagnant : les candidatures précédentes n’ont pas abouti, même quand Paris faisait la course en tête. Tous les sportifs vous le diront : la victoire, c’est le jour de l’épreuve !
Crédits photo : DR
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Article paru dans le numéro #132 CULTURES
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