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Pascal de Rauglaudre
Focus | 24 juin
7 mn

Les drones à l'assaut des embouteillages
« On rentre en drone ou en métro ? » Ne riez pas : vous pourriez vous poser cette question bien plus vite que vous ne l'imaginez.

« On rentre en drone ou en métro ? » Ne riez pas : vous pourriez vous poser cette question bien plus vite que vous ne l'imaginez. © Italdesign
« On rentre en drone ou en métro ? » Ne riez pas : vous pourriez vous poser cette question bien plus vite que vous ne l'imaginez. © Italdesign
Uber sera-t-il bientôt présent au Salon du Bourget au même rang que les avionneurs ? Le champion des VTC, qui travaille sur les voitures sans chauffeur, envisage aussi de transporter des passagers à bord de véhicules volants sans pilote, autrement dit des drones-taxis. Ces appareils multirotor décolleraient et atterriraient à la verticale sur une petite surface, grande comme le toit d’un immeuble, sans avoir besoin d’un espace spécifique.

Le vol de ces drones-taxis serait programmé automatiquement et permettrait à des clients premium de survoler tranquillement les encombrements en contrebas, dans un milieu urbain très dense. Selon Uber, commander sur son smartphone un véhicule volant sans chauffeur est l’affaire de dix ans à peine.

Il n’y a pas si longtemps, un tel projet aurait été accueilli avec sarcasmes. Pourtant, quand Uber l’a annoncé à l’automne dernier, personne n’a ri. Comme les livraisons par voie aérienne, le drone-taxi fait son chemin dans les esprits, même s’il lui reste encore bien des obstacles à surmonter avant de se concrétiser.

Le premier drone pour passager

En janvier 2016, au Consumer Electronics Show de Las Vegas, la société chinoise Ehang, qui fabrique des drones professionnels pour inspecter les lignes électriques ainsi que des engins de loisirs, avait dévoilé son modèle 184. D’un poids de 240 kg à vide, équipé de huit moteurs et développant un peu plus de 150 kW, l’Ehang 184 prétendait transporter une personne à 100 km/h pendant vingt-cinq minutes jusqu’à 300 mètres de hauteur.

Depuis ses performances se sont améliorées et l’appareil a réalisé des vols d’essai avec un passager. L’Ehang 184, qui pourrait coûter autour de 300 000 dollars et serait suivi à la trace par un centre de contrôle au sol, a séduit les autorités de Dubaï qui ont annoncé que les premiers vols pourraient avoir lieu dès le mois de juillet.

Le plus récent projet de drones « habités » est à mettre à l’actif d’Airbus qui, lors du dernier Salon automobile de Genève en mars, a exposé le concept Pop.Up, en collaboration avec le designer italien Italdesign. Ce projet consiste en une capsule modulaire biplace en fibre de carbone qui pourrait se fixer sur un châssis automobile pour circuler en mode autonome ou s’arrimer de la même manière à un support volant, propulsé par huit rotors, qui la transporterait dans les airs avec ses deux occupants.

Tout cela peut-il vraiment aboutir dans un futur proche ? Selon Airbus, la perspective que les mégalopoles étouffent à cause de la congestion du trafic dans leur hyper-centre impose d’innover de manière radicale en matière de mobilité urbaine.

Quid de la sécurité de l’espace aérien ?

Mais attention : les futurs drones-taxis devront s’insérer dans un cadre juridique forcément contraignant, pour assurer la sécurité de l’espace aérien situé entre 0 et 300 mètres de hauteur. À l’heure actuelle, la plupart des autorités aériennes délivrent au compte-gouttes les autorisations de vol pour des drones expérimentaux, destinés à tester des livraisons de marchandises ou des dessertes pendulaires (allers-retours réguliers).

On les comprend : il n’existe pas encore de technologie parfaitement fiable dite detect and avoid pour permettre à deux appareils en vol automatique de ne pas entrer en collision.

Quant à imaginer un système automatisé de gestion du trafic de drones à basse altitude (UTM pour Unmanned aerial systems traffic management), on en est encore très loin, même si de nombreux acteurs y travaillent déjà. La NASA mène des expérimentations grandeur nature avec Amazon et Google en faisant voler simultanément des escouades de drones supervisés à distance par une seule personne.

Au Salon du Bourget, Thales, spécialiste mondial des radars, a présenté ECOSYSTEM, un service évolutif de gestion du trafic qui pourrait être disponible à partir de l’année prochaine et s’adressera à tous les opérateurs de drones, y compris les particuliers. ECOSYSTEM sera capable d’attribuer « en temps réel » l’autorisation de survol d’une zone bien précise, opération souvent fastidieuse à l’heure actuelle.

Mais avant de voler d’immeuble en immeuble, le drone-taxi devra gagner la bataille de l’opinion, rassurer le public et apparaître comme un moyen de transport sûr… La tâche ne sera pas mince et les promoteurs du drone-taxi ont du pain sur la planche. Très rares sont les passagers qui envisagent, l’esprit parfaitement libre, d’embarquer à bord d’une machine volante sans pilote.
Crédits photo : Italdesign
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Article paru dans le numéro #133 CASUAL
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